Le leader de la presse magazine, propriétaire de Capital, Voici ou encore Femme actuelle, invoque un «phénomène inédit» de «baisse de ses revenus digitaux».
Prisma Media s’apprête à réduire encore un peu plus ses effectifs. Le premier groupe de presse magazine de France, propriétaire, entre autres, de Télé-Loisirs, Voici, Femme Actuelle et Geo, est sur le point d’ouvrir des négociations avec les partenaires sociaux concernant un plan de sauvegarde de l’emploi. Cette procédure, qui interviendrait à l’automne, un an après une rupture conventionnelle collective ayant amené une trentaine de collaborateurs à quitter le groupe, vise cette fois 54 postes.
Le groupe détenu par Vincent Bolloré invoque «des bouleversements économiques majeurs qui affectent aujourd’hui sa compétitivité». Il subirait, malgré sa position de leader sur le segment de la presse magazine, «l’érosion du nombre de lecteurs». Tout en défendant ses investissements dans la transition digitale, Prisma estime faire face depuis dix-huit mois à «un phénomène nouveau», «la baisse de ses revenus digitaux». Les «mesures volontaristes» mises en œuvre, comme la revue à la hausse de sa tarification, n’auraient «pas suffi à enrayer la dégradation de la compétitivité du groupe», justifiant le recours au plan.
Négociations électriques
Le groupe dirigé par Claire Léost avait d’abord planifié le lancement d’une nouvelle rupture conventionnelle collective (RCC) en janvier. Mais les syndicats ont refusé le lancement d’une telle procédure, la deuxième en moins d’un an. Le groupe s’est donc résolu à opter pour un plan de sauvegarde de l’emploi. «Dès le départ nous étions favorables à un plan de sauvegarde de l’emploi, qui est plus avantageux pour ceux qui partent», confie un représentant syndical au Figaro. Les partenaires sociaux souhaitaient également que la direction soit contrainte de clarifier son projet de licenciement collectif et exposer son projet de restructuration, comme le prévoit la loi dans le cadre d’un PSE.
La phase de concertation avec les représentants du personnel doit démarrer ce jeudi 22 mai, pour une durée de deux mois. Les négociations s’annoncent électriques, même si les deux parties souhaitent éviter un maximum les départs contraints. La direction assure en outre qu’elle «fera tout ce qui est en son pouvoir pour limiter l’incidence du plan sur l’emploi et mobilisera les moyens du groupe Louis Hachette pour favoriser le reclassement des salariés», assure le groupe. Créée par la scission de Vivendi, l’entité rassemble Prisma Media, les éditions Hachette, les médias du groupe Lagardère (Europe 1, Le Journal du Dimanche…) ainsi que la chaîne de travel-retail Relay.
Perte de «Gala» et accélération sur le luxe
Entré dans le giron de Vincent Bolloré en 2021, Prisma Media a déjà vu 180 journalistes quitter les rédactions de ses différents titres fin 2022 au nom de la clause de cession, dispositif qui permet aux journalistes de démissionner en recevant des indemnités en cas de changement d’actionnariat. Le groupe compte aujourd’hui 746 collaborateurs, dont un tiers environ de journalistes.
Depuis plus d’un an, le numéro 1 de la presse magazine souffre du départ du très rentable magazine Gala, vendu au groupe Figaro en novembre 2023 pour répondre aux règles de concurrence européenne dans le cadre du rachat de Lagardère par Vivendi. Ce titre phare de la presse «people» représentait 10% des 309 millions d’euros de son chiffre d’affaires en 2023 et trois fois plus en termes de rentabilité. Le groupe est cependant resté rentable en 2024.
Ces dernières années, Prisma a multiplié les acquisitions dans l’univers de la déco et de l’art de vivre, dont Côté Maison et Milk. Le groupe a fait le pari du «Luxe» en exploitant la franchise Harper’s Bazaar, récemment décliné en version masculine. Désormais uni à Hachette, il développe également de nouvelles synergies avec le monde du livre, sur le segment du magazine jeunesse notamment.
Source du contenu: www.lefigaro.fr








