Premier film réalisé par Damiano Michieletto, « figure de la scène lyrique », ce drame baroque est à la fois élégant et classique.
C’est essentiellement à l’intérieur de l’Ospedale della Pietà, un de ces orphelinats de Venise où sont déposés des bébés abandonnés, que se déroule « Vivaldi et moi » (« Primavera »/sortie le 29 avril), premier long-métrage réalisé par Damiano Michieletto, metteur en scène d’opéra, une « figure de la scène lyrique ». Inspiré d’un roman de Tiziano Scarpa, « Stabat Mater », ce film évoque le sort de nombreuses petites filles, orphelines recueillies là au XVIIIème siècle, dans cette institution où elles reçoivent éducation, labeur et bonnes manières.
Surtout, ces demoiselles isolées du monde extérieur sont formées à la musique, apprennent le violon, le violoncelle… et deviennent pour certaines d’excellentes instrumentistes. Ces jeunes filles à marier à la noblesse vénitienne composent ainsi un orchestre réputé, exclusivement féminin, qui joue le dimanche à l’église, à l’étage derrière une grille, à l’abri de tous les regards, ou bien toutes masquées lorsqu’elles sortent de l’orphelinat.
L’Ospedale della Pietà embauche un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, qui y a enseigné plusieurs décennies. Prêtre asthmatique et génie musical, le maestro décèle parmi les pensionnaires le talent de la jeune Cecilia (incarnée par Tecla Insolia). Une violoniste qui a quelque chose que les autres n’ont pas : « Tu ne joues pas pour les louanges », observe le compositeur qui, lui, est alors en recherche de reconnaissance.
La musique ou le mariage

Présenté en avant-première aux Rencontres du Cinéma de Gérardmer, ce récit évidemment très musical n’est pas un film consacré au compositeur des « Quatre Saisons », le personnage principal étant le « et moi » du titre français, Cecilia dont le destin semble tout écrit. Comme toutes ces orphelines dont la seule et unique valeur est d’être vierge, elle n’a que pour choix la musique et rester alors toute sa vie entre les murs de l’Ospedale, ou bien un mariage arrangé avec un des aristocrates mécènes et ne plus jamais jouer une fois mariée.
Cinéma baroque pour une musique baroque, « Vivaldi et moi » est un film élégant, très classique, à l’image stylisée, faite de lumière naturelle, bougies et chandelles, un concerto de clair-obscur pour mélomanes éclairés.
Patrick TARDIT
« Vivaldi et moi », un film de Damiano Michieletto (sortie le 29 avril).
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