En France, dernière ligne droite pour les étudiants qui entrent dans leurs dernières révisions. Dans les prochaines semaines, les partiels de fin de semestre marqueront la fin de l’année universitaire. Et parmi les défis qui attendent les étudiants, il y a celui de la concentration. Notifications par-ci, contenu captivant par-là. Nos écrans sont un vrai temple de la distraction. Chez les jeunes, qui ont grandi avec le phénomène, c’est encore plus accentué. Selon l’INSEE, près de la moitié (49 %) des 20-34 ans ressentent au moins un effet négatif des écrans sur leur vie en 2023. Alors pour pallier le souci, certains trouvent des solutions.
Nantes, en Loire-Atlantique, est une ville de plus de 150 000 étudiants. Direction la bibliothèque universitaire de la Santé, la plus grande de la ville : en cette période de révisions intenses, les étudiants sont nombreux ici. Parmi eux, il y a Lorenzo, qui surveille attentivement son temps d’écran quotidien avant ses examens de fin d’année. Il cherche à se limiter : « Deux heures, pas plus. Mais si c’est les vacances, ça peut vite augmenter. »
Même s’il est très studieux, Lorenzo admet ne pas arriver à totalement laisser son téléphone de côté quand il révise : « J’ouvre un réseau, mais pas à scroller dix ou quinze minutes. Non, c’est vraiment une ou deux minutes maximum. »
Opal et Waiki, deux atouts pour bloquer les applications distractives
Alors, pour éviter les distractions, à chacune ses techniques. Aïlis et Camille, étudiantes en première année de médecine, ont leurs trucs. Il y a par exemple le blocage de « certains réseaux sociaux comme TikTok grâce à une application qui s’appelle Opal ». Bien sûr, il est possible de « débloquer l’appli » comme à midi, où tous deux prennent « en général 15 minutes de pause ». Ça tombe bien car « on ne peut pas la débloquer plus de 15 minutes ». La limitation est toutefois contournable, car « on peut la débloquer plusieurs fois ». « Donc des fois… », rigolent-elles, suggérant quelques entorses au vœu de limiter leur temps d’écran.
C’est justement pour éviter cette situation que la bibliothèque universitaire nantaise installe aujourd’hui un nouvel objet imaginé par Celestin Aluce, étudiant en ingénierie informatique à l’INSA de Rennes . Elise, bibliothécaire, a hâte de tester sa création qui porte le nom de Waiki : il s’agit d’un petit objet en forme de galet qui permet de bloquer les applications distractives.
« Là, ça fait 26 heures que je suis avec le mode Waiki. Du coup, je n’ai pas accès à mes applications distrayantes », explique Celestin Aluce. Cela fonctionne comme un paiement par téléphone. Il suffit de poser son smartphone sur le galet et le tour est joué : « On le scanne et ça va bloquer toutes les applications qu’on a choisies. Ça peut être Instagram, TikTok… Et pour les retrouver, on est obligé de retourner scanner la clé, et donc le boîtier directement. Tout cela va ajouter une distance physique. Ça s’appelle de la friction positive, pour réduire toutes les tentations sur le long terme. »
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L’objet qui risque de séduire les bibliothèques universitaires de la ville et au-delà
Celestin Aluce, ancien accro aux écrans, a eu cette idée après avoir désinstallé toutes ses applications pendant plusieurs mois. « Ça a fonctionné sur moi, donc ça a fonctionné sur mes notes qui sont remontées. Ça a fonctionné sur mon temps avec mes proches. Et je suis très vite retombé dedans, une fois que l’année universitaire terminée et que j’aie réinstallé mes applications en me disant : “C’est fini, c’est bon, j’ai réussi ce que je voulais faire.” En fait, c’est une drogue. Ça revient de la même manière super facilement, super rapidement. C’est à ce moment-là que je me suis dit : “Je vais trouver une nouvelle solution en ajoutant une distance physique.” »
Si ce type d’objet existait déjà en provenance des États-Unis, il fallait compter 60 euros pour en acheter un. L’étudiant de 23 ans propose un service français pour 20 euros, pour que tout le monde puisse se le procurer. Et il le met gratuitement à la disposition des étudiants à la bibliothèque. De quoi séduire l’université. Élise Joubin, bibliothécaire, est conquise : « Quand on a reçu le mail de Célestin l’année dernière, tout de suite, on s’est dit : “C’est génial ! On n’aurait même pas eu l’idée.” On est ravi que Célestin l’ait eu et la propose. »
Waiki est un plus qui est amené à s’étendre dans plusieurs bibliothèques universitaires de la ville. Célestin Aluce espère même pouvoir proposer sa création au-delà des frontières nantaises.
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