Face à Shein et au modèle de la fast fashion, Patrick Martin veut «rétablir des conditions d’équité concurrentielle»

Le patron du Medef n’a pas caché son incompréhension ce jeudi à l’égard des «dispositions dérogatoires» dont bénéficient, selon ses dires, les sites de la fast fashion au détriment de l’industrie française.

«Je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points», a lâché Patrick Martin, sur l’arrivée de l’ancien ministre Christophe Castaner comme consultant RSE au sein de l’entreprise chinoise Shein. Interrogé ce jeudi sur France Inter sur cette nomination vivement contestée en France, le patron du Medef a néanmoins fait part de son inquiétude face «à la marée montante très rapide de ces sites très réactifs et très agressifs, qui bénéficient à certains égards de dispositions dérogatoires» qu’il juge trop élevées.

Le patron des patrons a notamment déploré que ces sites de vente en ligne de prêt-à-porter «fast fashion» – dont fait partie Shein – «ne paient pas de TVA», de même que «leurs clients». Ils bénéficient en outre de «tarifs postaux ancestraux» clairement avantageux pour le commerce chinois, a-t-il ajouté. Des sortes de passe-droit aux yeux du patron du Medef, qui n’a pas caché son souhait de «rétablir des conditions d’équité concurrentielle». Et ce, afin de mieux armer la production française contre ces sites. «Et ce n’est pas Christophe Castaner qui va arranger ça, ni l’accentuer», a lancé Patrick Martin.

«Nos activités en France sont en règle»

Un discours qui n’a pas échappé au groupe chinois, qui a expliqué ce jeudi «respecter pleinement l’ensemble des lois et réglementations fiscales en vigueur dans chaque pays où (ils) opèrent, y compris en France». «Nous nous conformons strictement aux obligations fiscales locales (…) Nos activités en France sont entièrement en règle avec la législation fiscale, et nous nous acquittons de l’ensemble des taxes et impôts dus au gouvernement français, y compris la TVA, aussi bien pour nos opérations sur le territoire que pour nos ventes sur le marché français», assuré un porte-parole au Figaro. Et de lancer : «le succès de notre modèle économique ne repose pas sur l’exploitation des tarifs».

De son côté, le représentant du Medef a surtout appelé, à l’instar de ce qui se fait aux États-Unis, à «muscler» l’économie française. Lui regrette que les «débats franco-français» autour de la question du budget soient finalement «assez nombrilistes». Dans son viseur notamment, les «réglementations très stérilisantes» qui s’appliquent trop souvent à son goût aux entreprises et entrepreneurs français. «On est dans un monde ouvert, et c’est très bien ainsi, mais il faut quand même qu’on en tienne compte dans nos décisions politiques, économiques et sociales», a-t-il plaidé, afin de rendre à la France son statut de «puissance économique».

Source du contenu: www.lefigaro.fr