Titularisé en l’absence de Damian Penaud, le jeune ailier de la Section Paloise a brillé face aux Gallois. Avec quatre essais en autant de sélections, il confirme ses excellents débuts avec les Bleus.
Abondance de biens ne nuit pas. Pour lancer ce Tournoi 2025 face au pays de Galles, Fabien Galthié et son staff ont dû composer avec le forfait de Damian Penaud (touché à un orteil), le deuxième marqueur de l’histoire des Bleus, à quelques encablures de l’icône Serge Blanco (36 essais contre 38). Une absence dure à combler ? Pas du tout. Le jeune Théo Attissogbe, seulement 20 ans, a repris le flambeau avec brio, inscrivant un joli doublé devant le public du Stade de France. Quatre essais en autant de sélections, pas de retard à l’allumage. «C’est fou ! J’espère que ça continuera le plus longtemps possible, a-t-il souri après le match. J’ai pris beaucoup de plaisir comme toute l’équipe.»
Lancé l’été dernier en Argentine puis rappelé à l’automne face au Japon, le champion du monde 2023 avec les U20 en Afrique du Sud n’a pas raté sa première dans le Six Nations, «une compétition mythique» à ses yeux. «Je regarde les matchs du Tournoi depuis que j’ai 5-6 ans, donc jouer à la maison, devant 80.000 personnes, c’était un moment fort qui restera gravé à jamais dans ma mémoire», a-t-il confié plein d’aplomb. Pour l’événement, sa famille et ses amis avaient fait le déplacement jusqu’à Saint-Denis. «J’ai su bien en amont du match que j’allais jouer, donc mes proches ont pu monter. C’était aussi une grande fierté de pouvoir jouer devant eux.»
C’est un joueur qui performe. Pour nous, il se présente comme titulaire de manière très cohérente et logique
Fabien Galthié avant le match contre les Gallois
Durant la semaine à Marcoussis et sur le terrain, il n’a pas été dépaysé avec deux coéquipiers de Pau, Emilien Gailleton et Hugo Auradou. «Ça fait chaud au cœur et puis on a pu partager ce moment entre potes de la Section Paloise. Comme lors de nos précédentes sélections, on s’est mis ensemble pour l’hymne. J’aime bien ce petit rituel entre amis, on passe franchement de super moments ensemble.» Théo Attissogbe n’a raté aucune des trois dernières listes de convocation et il a été préféré à Gabin Villière, ancien cadre de la maison bleue. Logique selon Fabien Galthié : «C’est un joueur qui performe. Pour nous, il se présente comme titulaire de manière très cohérente et logique.»
La question va désormais être de savoir si Damian Penaud sera titularisé pour le «Crunch» de samedi face aux Anglais. «On a toujours l’ambition de jouer. Je reste très lucide sur la situation mais j’ai quand même de l’ambition. Je sais que Damian est devant moi au poste, reconnaît-il. Mais ça me donne envie aussi de travailler fort pour essayer de me rapprocher du niveau des meilleurs ailiers français. C’est un challenge qui est excitant. Je ne me pose pas trop de questions, je joue et puis voilà…»
Capable d’évoluer à l’arrière
Le solide trois-quarts aux dreadlocks (1,81 m pour 82 kg) – qui a débuté à Peyrehorade dans les Landes (comme Christophe Lamaison , Jean-Frédéric Dubois et Julien Peyrelongue) avant d’intégrer le centre de formation du Stade Montois – a une autre corde à son arc : il peut évoluer à l’arrière. Le staff va sûrement devoir jouer au chamboule-tout avec la probable suspension de Romain Ntamack, après son carton rouge contre les Gallois. Un nouveau défi pour Attissogbe ? «C’est un poste auquel je peux jouer même si je l’ai peu fait cette saison avec Pau. Une seule fois au début d’un match, il me semble (deux en fait, contre Clermont et Bordeaux, NDLR). C’est un poste différent, mais c’est un poste auquel je peux jouer. Si jamais on me le demande, c’est sûr que je ne refuserai pas.» Sa polyvalence pourrait lui permettre de se faire, au mieux, une place sur le banc.
Face aux Gallois, Théo Attissogbe a en tout cas fait preuve d’une redoutable efficacité. Des Bleus avec des ailiers déchaînés, Louis Bielle-Biarrey y allant aussi de son doublé. Et la pépite paloise – qui a prolongé jusqu’en 2027 – de raconter : «Je savais qu’Antoine (Dupont) ou Romain (Ntamack) pouvait me mettre le ballon à tout moment sur l’aile donc j’étais toujours prêt et ça m’a souri.» Pas impressionné par l’événement, immédiatement opérationnel. Une réussite qui n’étonne pas son manager dans le Béarn, Sébastien Piqueronnies, qui avait expliqué dans les colonnes de Sud Ouest : «Théo est très exigeant, très déterminé. C’est un mec différent mentalement. De l’extérieur, on peut penser que ce sont des rebondissements ou du chaos qui l’ont mené là. Mais quand on le connaît de l’intérieur, il est habité : le voir en équipe de France, c’est plus une évidence qu’un paradoxe.» Une évidence qui a sauté aux yeux de tous.
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