Top 14 : «On ne joue pas le rugby parfait qu’on aimerait mais on est toujours là», souligne Ntamack

L’ouvreur de Toulouse, victorieux vendredi de Bayonne en demi-finale, revient sur la saison compliquée de son club. Mais salue la nouvelle qualification pour la finale.

Quel sentiment prédomine après cette victoire sur Bayonne  et cette qualification pour la finale du Top 14 ?
Romain Ntamack : De la joie, je suis très heureux d’avoir gagné cette demi-finale. Ce n’est jamais simple de jouer ces matchs-là. Les matchs avant la finale, c’est toujours compliqué, surtout pour nous. Donc, on est très heureux. On l’a abordé avec beaucoup de sérieux, beaucoup d’engagement et on est ressorti vainqueurs. Donc, on va retenir cela.

Est-ce que vous vous êtes rassurés ou est-ce qu’il y a encore quelques doutes concernant votre jeu ? 
Des doutes, non. Après, l’indiscipline, c’est un gros point de noir. Si on a le même ratio de pénalités la semaine prochaine en finale, c’est sûr que ça ne passera pas. C’est vraiment un point qu’il va falloir régler. Les en-avants, je pense qu’il y en a eu des deux côtés avec des conditions très humides, ce n’était pas évident. Mais, encore une fois, on avait fait des choses propres, simples, mais efficaces et on a été plutôt réalistes. Donc, il y a quand même des motifs de satisfaction ce (vendredi) soir.

J’essaie de m’accrocher. J’ai fait infiltration sur infiltration pour justement ne pas me faire opérer et être opérationnel

Vous allez disputer une troisième finale consécutive de Top 14, malgré une saison qui a été très compliquée. Est-ce que cela rend la qualifiant finale encore plus belle ? 
Oui, elle est très belle ! Cette troisième finale consécutive, dans ce championnat qui est très relevé, c’est quand même à souligner. Cela montre aussi les efforts que fait ce groupe depuis pas mal d’années, pour rester à ce niveau-là. Malgré les embûches, malgré les moments difficiles comme on a pu avoir cette saison, on est toujours présents. Même si on ne joue pas forcément le rugby parfait qu’on aimerait, on est toujours là. On va encore jouer notre chance à fond la semaine prochaine.

Vous concernant, vous jouez alors que vous avez un genou douloureux, avant de vous faire opérer à la fin de saison…
Je m’accroche. C’est vrai que depuis le début de la saison, c’est quand même un point qui m’a handicapé depuis septembre. Donc j’essaie de m’accrocher. J’ai fait infiltration sur infiltration pour justement ne pas me faire opérer et être opérationnel. Et sur cette fin de saison, je me sens plutôt bien. Les infiltrations font plutôt effet, donc ça ne m’embête pas trop. Il reste un dernier match, je vais serrer les dents. Et je me ferai opérer après. Mais en tout cas, je me sens plutôt bien sur les derniers matchs.

On a eu pas mal de galères au sein du club. Et ça s’est enchaîné toute la saison, entre les blessés, les affaires extra-sportives

Est-ce que cela est pesant de se dire que vous n’avez jamais pu vraiment jouer à 100% ? 
Non, encore une fois, là je me sens bien. Donc, ça me trotte moins dans la tête. Mais c’est vrai que tout au long de la saison, c’est quelque chose qui m’a quand même plutôt marqué mentalement. Parce que je n’arrivais pas à physiquement trouver le rythme, je n’arrivais pas à débloquer ce genou. C’était plutôt embêtant. Mais j’ai essayé de m’accrocher pour rester au contact de l’équipe et faire une fin de saison comme celle-là. Il reste un dernier match.

Votre manager Ugo Mola a dit qu’il a vécu une saison en enfer, entre les blessés et les problèmes extra-sportifs. Vous, les joueurs, avez-vous aussi ce sentiment que cette saison est éprouvante ? 
Oui, elle est éprouvante. Elle est éprouvante depuis l’été dernier. Parce qu’on a eu pas mal de galères au sein du club. Et ça s’est enchaîné toute la saison, entre les blessés, les affaires extra-sportives… C’est vrai que ça a été assez compliqué. Mais malgré tout, le groupe a fait toujours le front et a su faire face. On a accroché une demi-finale de la Coupe d’Europe (défaite contre l’UBB), on est en finale du Top 14 cette année encore. On a la meilleure attaque de l’histoire du Top 14. Ça montre les ressources qu’a ce groupe, malgré les difficultés qui ont été les nôtres. C’est quand même une saison particulière. Mais si l’issue est belle le week-end prochain, elle peut être peut-être la plus belle qu’on ait jamais vécue.

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