DÉCRYPTAGE – L’Harmonie Mutuelle Semi de Paris se déroule ce dimanche matin, dans les rues de la capitale française. 48 000 participants sont attendus sur la ligne de départ.
Ils seront 48.000, ce dimanche matin, à s’élancer du Boulevard Saint-Germain (Paris), à quelques encablures de l’Institut du monde arabe, pour les 21,1 kilomètres de la 32e édition de l’Harmonie Mutuelle Semi de Paris. L’épreuve – qui mènera les participants jusqu’à la Place de la Bastille en passant par certaines rues emblématiques de la capitale et le Bois de Vincennes – est l’une des plus prisées des amateurs de course à pied.
Pour preuve, elle affichait déjà complet…en septembre dernier, quelques jours seulement après l’ouverture de la billetterie. Un record. Qui illustre l’engouement croissant qu’elle suscite.
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Le running séduit de nouveaux publics
Mais comment l’expliquer ? Premièrement, l’Harmonie Mutuelle Semi de Paris profite d’une tendance générale : le running – longtemps réservé aux initiés – s’est largement démocratisé en France ces dernières années, et particulièrement depuis le Covid-19. «Il y a beaucoup d’épreuves qui remplissent de manière très conséquente. C’est ce que l’on observe un peu partout», révèle au Figaro Thomas Delpeuch, directeur des événements grand public chez Amaury Sport Organisation (ASO).
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Naturellement, le public a changé. Il est devenu (bien) plus jeune. «La démographie est différente : on perd un-deux ans de moyenne d’âge…tous les ans. Il y a dix ans, elle était de 43 ans. Aujourd’hui, elle est de 35 ans», indique Thomas Delpeuch. Mais le peloton s’est aussi considérablement féminisé. En effet, il y a encore quelques années, les femmes ne représentaient que 20 à 25 % des inscrits. Alors qu’en 2025, sur la ligne de départ, elles seront près de 45 % (44 %). Une belle évolution.
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Une communication adaptée
Si le public s’est autant élargi, c’est aussi (et surtout ?) parce que l’épreuve a adapté sa communication pour attirer ces nouveaux passionnés, et notamment les femmes. «On s’est rendu compte que l’on avait une communication très masculine, au niveau des photographies, des mots, des thématiques – très liées à la compétition, au chronomètre. Maintenant, on fait attention aux illustrations, au langage que l’on peut avoir, détaille le directeur des événements grand public d’ASO. Les femmes nous ont aussi fait remarquer qu’elles étaient attentives à l’aspect caritatif, à l’aspect collectif. On a donc désormais pas mal de dossards vendus à deux ou à quatre.» Autant de choses qui soutiennent la tendance.
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Leah, 26 ans, qui participera ce dimanche pour la deuxième fois à la course, entre parfaitement dans ce nouveau public cible. Cette ancienne handballeuse – qui va faire le déplacement de Toulouse – a notamment été séduite par cette nouvelle communication qui dépasse le cadre du sport, qui représente un peu un «lifestyle» [mode de vie en français]. «Je pense qu’elle est davantage axée sur les jeunes. Il y a des profils de coureurs, de coureuses, on voit de jolis outfits [tenues, ndlr], des programmes assez simples, des plans de nutrition. Je trouve que ça rend ce sport plus jeune, beaucoup plus sexy !», assure-t-elle au Figaro. Preuve que les efforts de l’organisation fonctionnent.
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Un challenge accessible
Enfin, l’Harmonie Mutuelle Semi de Paris puise son succès dans son format particulier. Un dix kilomètres, c’est dans les jambes de la plupart des pratiquants. Un marathon, en revanche, nécessite un meilleur niveau et (surtout) beaucoup de préparation. Le semi-marathon est entre les deux. «C’est parfait comme format. C’est challengeant, que ce soit pour le compétiteur ou pour celui qui est nouveau. C’est réalisable. Le semi-marathon est une distance moyenne qui permet à tout le monde de trouver son défi», explique Thomas Delpeuch.
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En effet, ce dimanche, on retrouvera des participants expérimentés à la recherche du meilleur résultat possible, d’autres qui courront pour la bonne cause et pour partager un bon moment entre amis, mais aussi certains qui livreront un combat contre eux-mêmes. À l’image de Leah qui ambitionne de battre assez largement son temps de l’année dernière : «Je veux faire dix minutes de moins qu’en 2024. Je me suis donné tous les moyens pour y arriver. Dix minutes sur un temps, c’est quand même une progression conséquente. Quand je vois les différents sas avec les temps, les couleurs des dossards en fonction de ton niveau, ça me fait vibrer», s’enthousiasme-t-elle. Elle n’est sans doute pas la seule.
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