Six Nations : pourquoi l’Irlande pourrait entrer dans l’histoire en cas de succès

Vainqueur des deux derniers Tournois, le XV du Trèfle s’avance en favori pour cette nouvelle édition et pourrait frapper fort en cas de troisième succès consécutif.

L’Irlande va vivre un Tournoi des six nations 2025 inédit. Son sélectionneur, Andy Farrell – père du joueur du Racing 92 Owen Farrell – a pris en charge l’équipe des Lions britanniques et irlandais. Pour le remplacer, c’est son adjoint, l’expérimenté Simon Easterby, qui guidera le XV du Trèfle cette année. « Je suis très excité par le groupe de joueurs avec lequel nous allons travailler, par les entraîneurs, par la continuité de la sélection, je suppose. Il n’y a pas beaucoup de changements par rapport à l’automne, pas beaucoup de changements par rapport aux derniers Six Nations», se réjouissait l’intéressé lors de la conférence de presse d’avant Tournoi, à Rome le 21 janvier dernier.

Une chose est sûre, et Easterby l’a évoqué, c’est qu’il pourra compter sur des hommes forts, des cadres, comme Ryan, van der Flier, Gibson-Park, Aki ou encore Keenan. Un groupe d’expérience, donc, composé de 36 joueurs, soit 1475 sélections (960 pour les avants et 515 pour les arrières). Rien que ça. Dans ce Tournoi où ils sont annoncés favoris, les Irlandais pourraient frapper très fort. Déjà vainqueur de la compétition ces deux dernières années, le XV du Trèfle pourrait, en cas de succès, décrocher un troisième succès consécutif dans la compétition. Du jamais vu. «Il y a une véritable motivation interne pour le faire. C’est quelque chose que nous devons nous assurer de continuer à stimuler en tant qu’entraîneurs», assurait-il aux journalistes présents à Rome.

Leinster en force

Le groupe irlandais est confiant, donc, mais la dynamique est-elle en leur faveur ? Pas si sûr. Depuis l’élimination en quart de finale de Coupe du monde face à la Nouvelle-Zélande, l’Irlande a, certes, remporté le Tournoi 2024, mais a également vécu une tournée d’automne compliquée. Une défaite d’abord face aux All Blacks à domicile (13-23), une courte victoire contre l’Argentine (22-19) et un succès peu convaincant contre l’Australie (22-19). Sans compter un résultat en trompe-l’œil face à une équipe fidjienne remaniée.

Simon Easterby pourra toutefois s’appuyer sur une expérience commune, à l’instar des Toulousains en équipe de France. 23 joueurs de la province du Leinster ont en effet été sélectionnés. Ce qui a provoqué une certaine incompréhension chez les supporters irlandais. Interrogé vendredi dernier, l’entraîneur des avants et ex-géant du XV du Trèfle, Paul O’Connell, a réagi. «Je comprends cette perception, mais elle n’est jamais entrée dans la conversation Nous sommes conscients que le Leinster est très fort et qu’il gagne beaucoup de matches. Lorsque nous donnons une chance à un joueur, nous disons toujours que nous voulons lui donner une chance dans une bonne équipe, pour qu’il soit performant. En général, quand vous avez une chance avec le Leinster en ce moment, vous avez une chance dans une bonne équipe. En même temps, je suis évidemment un ancien du Munster et nous avons eu beaucoup de batailles difficiles avec le Leinster au fil des ans ».

Trois déplacements

Reste maintenant à savoir qui sera le dépositaire du jeu du Trèfle. Après l’arrêt de carrière de Jonathan Sexton, peu ou pas de candidats fiables. Carbery, Frawley, Byrne n’ont pas réellement convaincu. Mais un jeune, cité dans nos six joueurs à suivre durant la compétition, Sam Prendergast (21 ans), semble avoir un avantage. Élancé, élégant et doté d’un gros coup de botte, il devra s’affirmer comme le parfait liant entre un pack d’une férocité qui n’est plus à souligner et une ligne de trois-quarts souvent bien huilée. Derrière, Easterby pourra compter sur le solide Bundee Aki, véritable point de fixation de son équipe. Le jeu au pied long et les raffuts du véloce ailier James Lowe seront également une arme importante dans son dispositif. Devant, évidemment, les «sécateurs» van der Flier, Ryan, Doris ou le tonique deuxième-ligne McCarthy seront à surveiller.

Année impaire oblige, comme l’équipe de France, l’Irlande devra négocier trois déplacements. En Écosse, au pays de Galles et en Italie. En revanche, le XV du Trèfle a sans doute un avantage puisqu’ils recevront les deux autres favoris de la compétition : l’Angleterre, dès l’ouverture de la compétition, et la France le 8 mars prochain. Un match qui pourrait décider d’un troisième sacre historique. Ou non.

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