L’UTS, nouvelle compétition au format radical, pose ses valises pour la première en France de vendredi à samedi.
Envoyé spécial à Nîmes
Les arènes de Nîmes et ses 2000 ans d’histoire ont déjà accueilli la Coupe Davis en 1991 et 1999, ainsi que le Trophée Philips entre 1986 et 1989. En 2025, le tennis fait son retour à l’occasion d’une compétition pas comme les autres. L’Ultimate Tennis Showdown, épreuve créée par l’hyperactif coach tricolore Patrick Mouratoglou à l’idée de rendre ce sport plus «fun» à regarder avec l’objectif de rajeunir ce sport traditionnel par excellence. «La moyenne d’âge des spectateurs attendue est de 36 ans quand celle du tennis traditionnel est de 62», souffle Baptiste Kern, codirigeant de l’épreuve. Ils sont 20.000 spectateurs attendus sur les deux jours du Bastide Médical UTS Nîmes, avec une journée de samedi qui affiche complet dans ce superbe écrin.
L’ambiance est particulière, avec la musique, le public qui peut faire du bruit, bouger. C’est un format qui me plaît bien.
Ugo Humbert
L’UTS ? Pas de jeux ni de sets, mais des rencontres se déroulant en quatre quart-temps de huit minutes. Le premier joueur à en remporter trois gagne la rencontre. Si les deux joueurs arrivent à égalité avec deux manches chacun, ils disputent un dernier quart-temps en mort subite, où le premier à s’adjuger deux points consécutifs est couronné vainqueur. Les règles ? Les joueurs ne disposent que d’un seul service, le let est autorisé avec la possibilité d’utiliser un bonus une fois par quart-temps pour glaner trois points d’un coup… «Comme il n’y a qu’un service, forcément il y a plus de rallyes. Le court est un plus petit en l’absence des couloirs de double. Les angles sont plus ouverts. Les matches se jouent sur quelques points importants, les cartes bonus comptent beaucoup. L’ambiance est particulière, avec la musique, le public qui peut faire du bruit, bouger. C’est un format qui me plaît bien», assure Ugo Humbert.
La NBA est une source d’inspiration pour nous. Les spectateurs ont le droit de parler et d’encourager durant les points. On a un DJ sur le court.
Baptiste Kern
Chaque participant a le droit d’ailleurs à son surnom. Le Messin Humbert devient «The Commander», Alex de Minaur «The Demon»… Les huit participants doivent répondre à des interviews en plein match. «On touche les fans aussi sur les réseaux sociaux, poursuit Baptiste Kern. La NBA est une source d’inspiration pour nous. Les spectateurs ont le droit de parler et d’encourager durant les points. On a un DJ sur le court. Dans un stade de foot, les gens ne font pas du bruit seulement après un but. Les joueurs de tennis sont capables de se concentrer malgré le bruit. Et comme ils n’ont que 15 secondes entre chaque point, c’est hyper cardio et physique. Ils sont souvent rincés après les matchs. Ils se prennent au jeu et reviennent. Cette semaine il y a 5 anciens vainqueurs parmi les 8 participants.»
Du show, du fun, mais pas une exhibition, assure l’organisation. « C’est un show mais aussi une compétition. Les joueurs jouent pour gagner et ils ne sont pas là pour épater la galerie. S’ils perdent dès le quart, ils prennent beaucoup moins d’argent que s’ils gagnent le tournoi.» Et le casting assez costaud réuni dans le Gard (7 tops 20 parmi les 8 participants avant les forfaits de Fritz et Rune) bénéficie d’une dotation globale de 1 million de dollars, le vainqueur touchant 300.000 euros, l’équivalent de gains d’un lauréat d’un ATP 500. De quoi aiguiser les motivations…
«On a des financements de partenaires privés et publics, poursuit Kern. Il y a la billetterie grand public et les droits TV dans une moindre mesure». Le chantier reste encore important dans ce cas précis. Le tournoi sera en tout cas très visible durant deux jours aux téléspectateurs français via La chaine l’Équipe. C’est Jérémy Chardy, ancien top 30 mondial, en charge de la gestion sportive de l’événement, qui a permis à l’UTS de se tenir dans les vénérables arènes. «Vincent Bastide, dirigeant de Bastide médical, société basée à Nîmes, était l’un des sponsors de Jérémy. Et ils ont eu l’idée de ramener le tennis ici. Aller dans un lieu vieux de 2000 ans et confronter ça avec notre compétition au format très moderne, nous faisait très envie. On a pu le faire grâce à la mairie et au partenaire titre.»
Tous espèrent renouveler l’évènement l’année prochaine. « Après avoir été testé à huis clos lors de la période Covid, on a lancé le circuit avec des étapes dans le monde entier devant le public.» 4 étapes qui se font désormais une petite place dans un calendrier professionnel déjà bien chargé. Si les joueurs ne font pas de l’UTS leur objectif sportif majeur, tous louent ses bienfaits : «Quand tu t’entraînes, ça n’a pas la même intensité que lors d’un match de l’UTS. Ça te donne des repères et de la confiance avant un tournoi comme Monte-Carlo», glisse Andrey Rublev. «Ça permet de joueur peut-être trois matches en compétition avant de débuter la saison sur terre», renchérit Casper Ruud. Bref, on l’a compris, à en croire les acteurs, ce ne sont pas les jeux du cirque auxquelles va assister le public français durant deux jours.
Les quarts de finale à partir de 13h30 de Bastide Médical UTS Nîmes :
Andrey Rublev (RUS) [3] / Ben Shelton (USA)
14h40 : Alex de Minaur (AUS) [4] / Ugo Humbert (FRA)
15h30 : Casper Ruud (NOR) [2] / Alexei Popyrin (AUS)
16h30 : Tomas Machac (RTC) / Gaël Monfils (FRA)
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