Foot : Wenger, Allegri, Ronaldo… Comment sont punies les agressions d’arbitres à l’étranger ?

L’entraîneur lyonnais Paulo Fonseca risque une lourde sanction ce mercredi pour avoir intimidé physiquement un arbitre en Ligue 1. Des cas similaires se sont déjà présentés dans les autres grands championnats européens.

Paulo Fonseca sera fixé ce mercredi sur son avenir à court terme en Ligue 1. L’entraîneur de l’Olympique Lyonnais est convoqué devant la commission de discipline de la Fédération française de football (FFF) après avoir confronté tête contre tête Benoît Millot, arbitre du match entre l’OL et le Stade Brestois dimanche dernier (2-1). Il pourrait écoper de plusieurs matches ou même plusieurs mois de suspension. Avant lui, à l’étranger, d’autres coaches ou joueurs ont eux aussi été punis pour avoir dépassé les bornes vis-à-vis du corps arbitral.

Angleterre : Wenger pris par la patrouille

Derrière cette aura de gentleman se cache un passionné qui s’est laissé emporter plus d’une fois. Arsène Wenger, légendaire entraîneur d’Arsenal (1996-2018), ne s’est pas forcément assagi avec l’âge. En janvier 2017, il avait écopé de quatre matches de suspension après une victoire des Gunners contre Burnley (2-1) en Premier League. La Fédération anglaise avait fustigé son «comportement inapproprié», constatant l’usage «d’un langage violent et/ou insultant à l’égard du quatrième arbitre», Anthony Taylor, et «un contact physique» avec ce dernier. «Je regrette tout. J’aurais dû me taire, partir et rentrer chez moi. Je m’excuse», avait par la suite déclaré le Français.

En mars 2023, c’est un joueur qui a levé la main sur un arbitre. Aleksandar Mitrovic, attaquant de Fulham, fulminait à l’égard de diverses décisions lors d’un quart de finale de Coupe d’Angleterre contre Manchester United. Le Serbe avait fini par bousculer l’arbitre qui l’a logiquement exclu, puis a continué à l’invectiver en l’obligeant à reculer. Résultat : 8 matches de suspension.

Très récemment, l’entraîneur de Liverpool, Arne Slot, a été suspendu deux matches suite à un match de championnat contre Everton (2-2). Le Néerlandais avait «agi de manière inappropriée et/ou a utilisé des mots et/ou un comportement insultant et/ou abusif envers l’arbitre du match et un arbitre assistant après la fin de la rencontre», avait justifié la Fédération anglaise.

Espagne : Simeone et Ronaldo craquent

À l’image du milieu de terrain qu’il était, Diego Simeone ne tient pas en place dans sa zone technique. L’entraîneur argentin, en poste à l’Atlético de Madrid depuis 2011, avait du mal à se contenir lors de la finale retour de la Supercoupe d’Espagne contre le Real Madrid en août 2014. En fin de match, il avait pris le quatrième arbitre à part et lui avait donné deux petites tapes derrière la tête. Carton rouge et 8 matches de suspension.

À croire que la Supercoupe d’Espagne fait monter la tension d’un cran. C’est lors du match aller de la finale contre le FC Barcelone, en août 2017, que Cristiano Ronaldo avait reçu le 10e carton rouge de sa carrière. La star madrilène avait écopé d’un second avertissement pour simulation. Il avait ensuite poussé l’arbitre dans le dos «en signe de désapprobation», comme l’a décrit la Fédération espagnole.

5 matches de suspension pour le Portugais, ce qui n’avait pas empêché le Real de soulever la Supercoupe (1-3 à l’aller, 2-0 au retour). Une sanction modérée par rapport au barème du règlement, qui prévoit 4 à 12 matches pour «violence légère» envers le corps arbitral, et qui passe à minimum trois mois en cas d’agression.

Italie : le coup de boule d’un entraîneur à un joueur

Les échanges de coups demeurent une rareté (heureusement) dans le football professionnel. Ce 10 mars 2024 en est une occurrence. Après une défaite (0-1) et une fin de match houleuse contre l’Hellas Vérone, l’entraîneur de Lecce, Roberto D’Aversa, est entré sur la pelouse. Il s’est dirigé vers l’attaquant français Thomas Henry et lui a asséné un coup de tête, sous les yeux de l’arbitre. Seulement 4 matches de suspension, mais surtout un limogeage dans la foulée par Lecce.

Massimiliano Allegri a connu un destin similaire deux mois plus tard, en mai 2024. La Juventus menait 1-0 en finale de la Coupe d’Italie face à l’Atalanta Bergame lorsque l’entraîneur turinois est sorti de ses gonds, dans le temps additionnel. Il a retiré sa veste de costume, s’est précipité devant le 4e arbitre, lui a hurlé au visage et a été exclu. Plutôt que d’accepter la décision, il est retourné voir le 4e arbitre en vociférant et s’est retrouvé quasiment front contre front.

L’Italien s’en est sorti avec deux matches de suspension, mais sa soirée est allée plus loin. Le Toscan, furieux ce soir-là malgré le sacre de la Juve, a insulté le directeur du journal Tuttosport en coulisses. Il a été limogé par le club turinois pour faute grave. De nombreux observateurs estiment que la Vieille Dame a saisi l’opportunité de se débarrasser d’Allegri, contesté depuis de longs mois, à moindre coût.

Allemagne : Schmidt et le rejet de l’autorité

Le football professionnel allemand n’a pas la réputation la plus sulfureuse concernant les contestations des décisions arbitrales. Nonobstant, Roger Schmidt a forcé une interruption d’un match contre le Borussia Dortmund en février 2016. L’entraîneur du Bayer Leverkusen avait été exclu par Felix Zwayer et avait refusé de rejoindre les tribunes. Tant et si bien que M. Zwayer et ses assistants ont fini par rentrer aux vestiaires. Il a fallu attendre une dizaine de minutes avant que le jeu ne reprenne, après que Schmidt a accepté la sentence. Il a par la suite été suspendu pour 5 matches, dont 3 fermes.

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