À Lille, à 100 jours du grand départ du Tour de France, Tadej Pogacar était au cœur de toutes les discussions. De quoi réjouir le directeur de la «Reine des classiques».
La nouvelle a surgi. Tadej Pogacar s’aventurera sur les pavés de Paris-Roubaix le 13 avril. «C’est formidable de retrouver le dernier vainqueur du Tour au départ de Paris-Roubaix, ça n’est pas arrivé depuis une trentaine d’années. Je me souviens, il y a une dizaine d’années, on était heureux d’avoir Bradley Wiggins au départ, il avait gagné le Tour en 2012, il était au départ de Paris-Roubaix en 2014, il avait d’ailleurs fini dans les 10 premiers (9e). Là, on est dans un autre registre, on est dans la gamme supérieure encore puisqu’il va être au départ, mais il va être au départ pour gagner. C’est un coureur de défis. Honnêtement, je ne pensais pas qu’il viendrait tout de suite. Quand on l’avait vu, c’était évidemment fait exprès, la communication de son équipe, sur la Trouée d’Arenberg il y a quelques semaines, je ne pensais pas qu’il viendrait, mais on est ravis de le voir, surtout après un Milan-San Remo d’anthologie , où on a vu trois immenses champions se disputer la victoire», résume Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France.
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Et d’ajouter : «Donc pourvu qu’il y ait cette bagarre, ce combat des chefs, mais peut-être aussi avec Wout van Aert, peut-être avec d’autres champions, mais qu’on ait cette bagarre au sommet. Pogacar, on l’a vu sur les pavés en 2022, sur le Tour de France, l’étape d’Arenberg, il était parti avec Jasper Stuyven, le Néerlandais, il avait fait forte impression, il avait sacrément étiré le peloton, il s’était échappé. On sait aussi, à travers les Strade Bianche, qu’il a gagné trois fois, à travers l’étape des chemins blancs du Tour de France à Troyes, qu’il est allé sur tous les terrains. C’est quelqu’un qui, outre sa force physique, sa classe, sait piloter. Et d’ailleurs, il y a deux ans, quand il s’est cassé le poignet à Liège-Bastogne-Liège, et qu’il est revenu, il n’avait pas la même aisance dans les descentes. Il l’a retrouvée, à l’évidence. Il est capable de tout sur un vélo, il est incroyablement adroit, et donc oui, Mathieu van der Poel reste le favori, bien sûr, de Paris-Roubaix, mais on va avoir un sacré combat, d’autant plus que Pogacar ose. Il ose tout, et tout le temps. Donc, on a hâte, assurément.»
«S’il réussit ça, ce sera exceptionnel»
La présence de Tadej Pogacar met un terme à un cyclisme qui avait pris l’habitude de se couper en deux : les candidats aux courses par étapes d’un côté et les spécialistes des courses d’un jour de l’autre. Le diabolique Tadej Pogacar (26 ans ; 4 grands Tours et 7 Monuments à son palmarès) a remis la polyvalence et l’omnipotence au goût du jour. Christian Prudhomme souligne : «Ce qui me plaît vraiment, c’est de retrouver ce que j’ai connu gamin, c’est-à-dire qu’avec Eddy Merckx, qui était là du début à la fin de la saison, et que les champions de juillet sont là partout, désormais, à nouveau. Donc, c’est tout simplement formidable. Il y a une quête d’aller gagner les cinq monuments. Il y a que trois coureurs qui ont réussi ça pour l’instant. Rik Van Looy, Roger De Vlaeminck et Eddy Merckx, donc il y a bien longtemps. S’il réussit ça, dans sa carrière, ce sera exceptionnel. Mais qu’il ose le faire, alors qu’il veut aussi gagner le Tour de France, c’est-à-dire qu’il passe au-delà des risques potentiels de la «Reine des classiques», où il peut se faire mal, en voulant quand même gagner le Tour, je trouve ça fort. Culotté.»
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