Ce samedi, au sein d’un Kings Park Stadium bien garni, Antoine Dupont et les siens défient les Sharks de Durban dans un affrontement qui sent la poudre à tous points de vue.
Le premier déplacement de l’histoire des Rouge et Noir en Afrique du Sud, le retour d’Antoine Dupont au pays arc-en-ciel ou encore la «revanche» de la Coupe du monde. Plus qu’un match, ce Sharks – Stade Toulousain est un véritable choc, dans lequel les histoires et le passif entre les acteurs contribuent à rendre l’événement exceptionnel. Et tous les suiveurs de rugby s’accordent pour dire que cette rencontre de la 3e journée de Champions Cup est, de loin, la plus excitante de ce début d’année.
Arrivés dès lundi sur le continent africain, d’abord au Cap, pour se recueillir sur la plage de Diaz Beach, où s’en est tragiquement allé le jeune Medhi Narjissi au cours de l’été dernier, les Rouge et Noir ont connu une semaine appliquée à Durban, motivés par l’envie de figurer de la plus belle des manières sur la pelouse du Kings Park Stadium : «On a vécu une semaine très riche dans beaucoup d’aspects. Il y a eu ce long trajet qui était une première pour nous (…) Ce moment très spécial pour la famille de Medhi (Narjissi) qu’on a vécu tous ensemble (…) Derrière on a pris la direction de Durban pour se plonger sur la préparation du match. Aujourd’hui, on est prêt», affirme le deuxième-ligne international Thibaut Flament.
Dans tous les cas, on aura des enseignements à tirer
Ugo Mola
Avec en ligne de mire un objectif clair : repartir de l’hémisphère sud les cinq points en poche pour conserver la tête de leur poule, dans laquelle les Unionistes de Louis Bielle-Biarrey constituent toujours une menace importante. Si certains pouvaient en douter, c’est donc bien avec son armada, à quelques exceptions près (Alexandre Roumat touché à un muscle), que le Stade Toulousain a débarqué en ce début de semaine en Afrique du Sud. «Notre effectif nous a permis d’envoyer ici une équipe que l’on estime compétitive, et d’ailleurs, on nous l’a même reproché. Dans tous les cas, peu importe le résultat, on aura des enseignements à tirer de ce que l’on aura vécu cette semaine sur le plan rugbystique», explique le manager toulousain Ugo Mola.
Une affiche cinq étoiles
Certes, les Européens ont toujours du mal à comprendre ce que font les équipes sud-africaines dans cette compétition, mais leur présence a au moins le mérite de nous offrir des rencontres intéressantes. Celle-ci en premier lieu, puisqu’elle constitue une sorte de Super Coupe d’Europe du rugby, opposant les derniers vainqueurs de la Challenge Cup et de la Champions Cup, et réunissant plusieurs acteurs majeurs du quart de finale de la Coupe du monde 2023 perdu par le XV de France face aux Springboks.
Ugo Mola ne s’y trompe pas : «Tous les critères sont amenés au paroxysme de la haute intensité, du volume, de la confrontation et des duels. Évidemment, on a envie de voir ce que vont donner des affrontements comme Etzebeth (finalement forfait, NDLR) contre Meafou, Kolisi contre Cros ou encore Hendriske face à Dupont.»
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Lui, justement, sera sous le feu des projecteurs cet après-midi. Le champion olympique a débarqué en superstar à Durban et est, d’ailleurs, le seul joueur de l’effectif Rouge et Noir à avoir déjà foulé la pelouse du Kings Park Stadium, en 2017 face aux Springboks, lors d’une tournée d’été avec le XV de France. Antoine Dupont n’a plus été aperçu sur les terrains depuis un mois et devra très vite – et on a très peu de doutes sur sa capacité à le faire – se mettre à la hauteur de l’évènement, face à une équipe qui aime imposer un important défi physique dès les premières minutes de ses matches.
«Un des très grands rendez-vous de la saison»
Les Haut-garonnais connaissent, jusqu’ici, un début de saison royal. Seul accroc ? Cette défaite à domicile face à l’UBB en octobre dernier, durant laquelle manquaient tout de même quelques cadres (Dupont et Willis en premier lieu). Avec leur effectif au complet et face à une équipe solide à domicile (les Sharks n’ont jamais perdu chez eux dans la compétition), c’est un premier vrai test dans la saison des Rouge et Noir, Thibaut Flament le concède : «Ce n’est peut-être pas le sommet, mais ce match fait partie des très grands rendez-vous de la saison, d’où l’importance de repartir avec la victoire.»
Si l’adversaire, qui dit jouer dans la reine des compétitions européennes «pour la remporter», semble à la portée des Toulousains, ce sont surtout l’atmosphère et les conditions qu’il faudra appréhender. À l’extérieur, si loin de leur base, dans un stade inconnu pour la plupart de l’effectif, les hommes d’Ugo Mola connaissent l’ampleur du défi qui les attend. Ça, et la météo. Alors que l’Hexagone est en plein cœur de l’hiver, l’Afrique du Sud est à l’heure d’été. En effet, la température devrait avoisiner les 30 degrés et la rencontre, se dérouler avec une forte humidité, qui pourrait rendre les ballons difficiles à manier. «On doit faire avec, même si ce n’est pas forcément pratique. Jouer sous 5 degrés une semaine, puis sous 30 degrés quelques jours plus tard, c’est dur pour nous et notre corps», souffle Antoine Dupont.
On le sait, le Stade Toulousain n’est pas du genre à faire le voyage à vide, et l’expression prend ici tout son sens. En Afrique du Sud, les Rouge et Noir jouent une partie importante de leur saison : une victoire bonifiée et la voie royale, ou une défaite, et l’aventure européenne se compliquerait grandement. «Ce match fait partie du chemin initiatique qui est le nôtre», clame Ugo Mola, qui sait mieux que quiconque, la faculté de ses joueurs à hausser leur niveau de jeu quand l’instant le demande.
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