Une plainte contre la start-up a été déposée auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), en raison de l’absence de paramètres «opt-out» dans la version gratuite de son appli Le Chat.
Mistral AI n’a pas fini de faire parler d’elle. La semaine dernière, la start-up française de l’intelligence artificielle (IA) lançait la version mobile de son agent conversationnel Le Chat. Cette semaine, son cofondateur Arthur Mensch arpentait les allées du Grand Palais à l’occasion du Sommet de l’action sur l’intelligence artificielle, s’affichant comme la vitrine de l’IA française capable de concurrencer les mastodontes américains Open AI, Gemini et Perplexity.
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Désormais, le fleuron tricolore apparaît sous un plus mauvais jour. L’entreprise fait l’objet d’une plainte pour non-respect du règlement européen sur la protection des données (RGPD), a révélé L’Informé. L’avocat Me Jérémy Roche, qui a saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), estime que la start-up collecte abusivement les données personnelles des utilisateurs de la version gratuite de son robot Le Chat.
Et pour cause, la politique de confidentialité de Mistral AI indique clairement que les données contenues dans les requêtes des utilisateurs sont exploitées pour «développer et entraîner nos modèles d’intelligence artificielle à usage général.» Pour s’affranchir de ce paramètre par défaut, l’utilisateur n’a d’autre choix que de s’abonner à l’une des formules payantes de la solution d’IA : l’abonnement «pro» permet de retirer son autorisation à la collecte de ses données à tout moment, tandis que la formule « Team » désactive automatiquement le traitement des données.
Or, l’article 12 du RGPD stipule qu’aucun paiement ne peut être exigé en échange de l’exercice de droits reconnus aux personnes, dont le droit de s’opposer à la collecte de ses données personnelles (le droit «d’opt-out»). Dans sa plainte à la CNIL, retranscrite par l’Informé, l’avocat Me Jérémy Roche explique donc que « Mistral AI conditionne l’exercice de ce droit à un abonnement payant (…) et il est absolument impossible pour un utilisateur de l’offre gratuite d’exercer son droit d’opt-out.»
Mistral AI n’est toutefois pas le premier à être pointé du doigt pour l’utilisation des données personnelles de ses utilisateurs. En 2023, l’autorité italienne de protection des données (GPDP) a temporairement suspendu l’accès à Chat GPT en Italie, le robot conversationnel d’Open AI, pour non-respect du RGPD. Depuis, OpenAI a finalement reconnu à ses utilisateurs enregistrés le droit de s’opposer au traitement de leurs données.
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