DÉCRYPTAGE – Nés au Japon, les contenus diffusés par des VTubers génèrent trois fois plus de vues qu’il y a cinq ans sur YouTube. Le phénomène, vu comme une protection face au cyberharcèlement, progresse peu à peu en France.
Un personnage mi-femme mi-félin se balance à l’écran, ses oreilles de chat dépassant d’une épaisse chevelure rousse. Sa gestuelle saccadée, sa voix cristalline et ses grands yeux brillants rappellent l’esthétique des animations japonaises. La créature fantastique répond au nom de Miel Crapouille devant les quelque 4 000 internautes connectés ce jour-là sur la plateforme de vidéo Twitch, et interagit avec ses spectateurs en direct. Derrière cet avatar se cache une jeune femme de 27 ans qui préfère rester anonyme. Elle est l’une des «Vtubeuses» francophones les plus populaires, cumulant presque 16.000 abonnés sur Twitch.
«Le Vtubing, c’est un moyen de faire du contenu sur internet sous les traits d’un personnage. Au lieu de montrer son visage, on a une apparence fictive», explique Miel Crapouille. Malgré un néologisme trompeur, contraction des mots «virtuels» et «youtubeurs», les VTubers sont donc des créateurs en chair et en os déguisés en personnages, le plus souvent inspirés de l’univers…
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