Une quinzaine de buralistes d’Île-de-France teste un appareil capable de déterminer l’âge des acheteurs en analysant leur visage. Objectif, empêcher la vente aux moins de 18 ans.
Entre la caisse et les cigarettes électroniques aux couleurs acidulées, se cache depuis jeudi dans le bureau de tabac du Mont Vallon, à Paris, un petit boîtier noir. À l’approche d’une cliente, une bande verte s’illumine sur le haut du dispositif. Il s’agit d’un MyCheckerMini, un appareil conçu pour vérifier l’âge des acheteurs de produits interdits aux mineurs : lumière verte lorsque l’appareil estime que le client est majeur, lumière rouge dans le cas contraire.
« Il y a des personnes qui peuvent être vexées lorsqu’un buraliste contrôle leur identité. C’est plus facile dans le rapport avec les gens d’avoir le support d’une machine », raconte Denis Abbas, gérant du Mont Vallon. «La machine a aussi un effet dissuasif pour les jeunes», ajoute-t-il.
Comme lui, une quinzaine de buralistes d’Île-de-France s’est portée volontaire pour tester le dispositif pendant quatre mois. Commercialisé par l’entreprise savoyarde Bergens depuis un an, l’appareil s’appuie sur l’intelligence artificielle pour analyser les traits du visage des clients et déterminer leur âge.
Une aide à la décision
« Lors des tests dans un laboratoire indépendant, on avait une déviation moyenne de 0,9 an par rapport à l’âge réel de la personne. Bien sûr, le risque zéro n’existe pas, mais la machine est plus précise qu’un humain qui voit défiler plusieurs dizaines de clients par jour», affirme Stephan Rosseneu, fondateur de Bergens. En outre, afin de limiter les erreurs, l’appareil s’illumine de rouge pour toute personne considérée par l’IA comme ayant moins de 21 ans.
L’entrepreneur rappelle toutefois que la responsabilité finale de contrôle de l’âge revient aux vendeurs. «Le buraliste est décisionnaire dans cet acte de vente et peut parfois se tromper. Il nous arrive souvent d’avoir une interrogation : l’appareil aide donc à la décision», explique Philippe Alauze, président de la chambre syndicale des buralistes de l’Île-de-France, à l’AFP.
Autre précision importante : la machine ne fait que scanner les visages des clients en direct, sans les photographier. Elle n’est pas connectée à internet, ne stocke aucune donnée personnelle, et ne permet pas non plus la reconnaissance faciale. Un autocollant à l’entrée des bureaux de tabac équipés d’un MyCheckerMini prévient par ailleurs les clients de la présence du dispositif.
Le MyCheckerMini est vendu 590 euros l’unité. Au total, près de 400 magasins en France – bureaux de tabac et supérettes – en sont équipés, et presque autant en Belgique et en Hollande.
Source du contenu: www.lefigaro.fr








