CRITIQUE. En hommage au 75e anniversaire de la mort de James Ensor, le musée de la mode belge explore son influence sur les créateurs et maquilleurs d’avant-garde. Érudit, subversif et fascinant.
Que vient faire ce diable de peintre, accompagné de tous ses squelettes, au Musée de la mode d’Anvers, royaume des designers Dries Van Noten, Martin Margiela et du maquilleur Peter Philips ? Dès le début de sa carrière, prévient le MoMu, James Ensor (1860-1949) a dessiné des personnages des arts du spectacle vivant, danseurs, clowns, performeurs. Il copiait des illustrations de revues et fréquentait cafés, cabarets et le théâtre de marionnettes de Bruxelles. Peu à peu, masques, costumes et postures de la commedia dell’arte apparaissent dans sa peinture, il s’en sert pour révéler la vraie nature des êtres et dépeindre crûment son temps. Son premier tableau exposé en guise de bienvenue, Squelettes se disputant le corps d’un pendu, 1891, est l’un des trésors tout en ironie et humour noir emprunté au musée voisin, le KMSKA. « Une terrible beauté est née », pour reprendre le titre poétique de la 11e Biennale de Lyon. Belgique oblige, cet art de la…
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