Avec l’engouement pour les défilés, notamment sur les réseaux sociaux, de nouvelles voix s’élèvent et commentent les collections, mettant au défi la presse institutionnelle : plus le ton est cinglant, plus l’avis est clivant, plus le compte rendu est lu/vu.
Les adolescentes qui adorent Loïc Prigent pour son ton décalé, sa bonne humeur et son éternel soutien à la jeune création, ignorent sans doute ce qui a bâti sa légende. « Une critique au lance-flamme, résume-t-il. C’était l’un de mes premiers comptes rendus pour Libération en 1997. J’avais 23 ans, j’étais chargé de celui de la première collection d’Alexander McQueen pour Givenchy . Je me souviens d’avoir écrit l’article dans la journée, mais je me suis réveillé à 2 heures du matin et j’ai réécrit le papier sur ce défilé qui était un cauchemar, une marée noire. C’était mal fait, il avait pris ça à la légère et il ne respectait pas Givenchy alors qu’il venait à peine d’arriver dans la maison. » Pourtant McQueen était alors l’idole de la mode et des magazines underground. « Justement, je trouvais drôle que cette critique vienne d’un rédacteur jeune dans un journal de gauche, alors qu’en Angleterre, il était éreinté par les tabloïds et la presse de droite ! Cet article m’a valu de…
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