RÉCIT – Même si l’Administration autonome du nord-est gouvernait depuis une décennie, l’ombre de Bachar el-Assad et de son appareil répressif exerçait encore une influence omniprésente.
C’est une conversation inimaginable il y a encore un mois. À Kamechliyé, ville kurde du nord-est syrien, les habitants ont célébré leur premier passage à la nouvelle année sans craindre Bachar el-Assad. Après 54 ans de dictature, la chute du bourreau de Damas délie les langues. « C’est comme si nous avions tous été en prison et que la porte de notre cellule s’était ouverte », lâche Abduhum, gérant d’une minuscule échoppe où il sert des petits déjeuners.
À 52 ans, c’est la première fois qu’il ose s’exprimer librement devant une journaliste. « Avant, c’est sûr, je ne vous aurais jamais parlé, dit-il en riant. Mais aujourd’hui nous n’avons plus peur. » Certes, la ville, depuis 2013, est dirigée par l’Administration autonome du Nord-Est syrien, autorité pro-kurde à gouvernance pluraliste. Pourtant, l’ombre du régime et les traumatismes infligés par son appareil répressif exerçaient encore une influence omniprésente. Les sbires d’el-Assad contrôlaient…
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