À Deraa, berceau de la révolution syrienne, les fractures ne se sont pas résorbées

REPORTAGE – Derrière la joie des retrouvailles et l’unité proclamée à travers le pays, les divergences idéologiques entre les islamistes de Hayat Tahrir al-Cham et les autres groupes armés n’ont pas disparu.

Du toit de son petit immeuble, Samir al-Masloumi contemple son potager. En contrebas, quelques fèves et tomates poussent sous le regard d’un oranger lourd de fruits. Côté rue, une rangée de jeunes oliviers se dressent symboliquement. Cet îlot de verdure en plein cœur de la ville de Deraa détonne parmi les maisons éventrées. « Je suis revenu ici en 2019, un an après le cessez-le-feu négocié avec les Russes. J’ai rapporté ces plantes de la campagne où j’étais réfugié. Aujourd’hui, j’aime venir ici boire mon café après le boulot. Ce jardin est une touche d’espoir au milieu des décombres », confie cet électricien au regard franc.

Un optimisme fardé d’une pointe d’amertume. Tout autour, le quartier de Manshia n’est qu’un immense cimetière de béton, une succession d’immeubles de trois à quatre étages presque entièrement aplatis par les bombes russes. « Toutes ces destructions, c’est la punition infligée par Bachar  et ses alliés contre les habitants de Deraa pour avoir…

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Source du contenu: www.lefigaro.fr