Volkswagen prévoit de supprimer plus de 35.000 emplois en Allemagne

En supprimant un tiers de ses effectifs d’ici 2030, le premier constructeur européen espère dégager 4 milliards d’économies et surmonter la crise.

Après 70 heures de négociations, les plus longues des 87 années d’histoire du constructeur allemand Volkswagen, la direction et les représentants du personnel ont trouvé une issue vendredi en fin d’après-midi. Le compromis trouvé n’évite pas la casse sociale : plus de 35.000 emplois devraient être supprimés d’ici 2030, au fil des départs en pré-retraite. Après 5 jours de tractations-marathon, parfois prolongées jusqu’au petit matin, les deux parties sont tombées d’accord sur le volume de production. 734.000 véhicules seront désormais produits sur le sol allemand.

Comme il est d’usage, direction et syndicats ont proclamé leur satisfaction. Les traits tirés, les représentants d’IG Metall ont mis l’accent, par la voix du négociateur Thorsten Grögers sur une solution qui garantit les emplois, préserve la production dans les usines et permet en même temps d’importants investissements dans le futur. Son principal succès réside dans le maintien des 10 usines sur le sol allemand. Le plan initial présenté le 28 octobre, qui avait mis le feu aux poudres, prévoyait la fermeture d’au moins deux sites. Pour évoquer la crise de la marque de «Das Auto», le quotidien Tagesspiegel avait titré le «crépuscule des Dieux». L’usine d’Osnabrück, site de production du T-Roc Cabrio et de modèles Porsche et particulièrement menacée, doit être revendue à un fabricant d’armement. Plus flou est le sort réservé à «Dresde», lieu de fabrication de l’ID3 qui doit être «réaffecté», sans plus de précisions. Soupirs de soulagement aussi à l’usine de Zwickau, également en Saxe, entièrement dédiée à la construction de modèles électriques où seuls les CDD ne seront pas renouvelés pour 2025.

Renoncement à des primes

La garantie de l’emploi pour les salariés, totem de l’entreprise sur la sellette lors de ces négociations, a été prolongée jusqu’en 2030. En contrepartie, les salariés doivent renoncer à des augmentations de salaire directes. Le directeur de la marque VW, Thomas Schäfer, l’a qualifié, lors d’une conférence de presse rapidement expédiée de «bon accord (…) permettant de ramener les coûts de développement à un bon niveau». Il permet au groupe de Wolfsburg d’éviter un durcissement du conflit social. IG Metall avait brandi la menace, en cas de non-accord, d’une grève générale dès la rentrée de janvier au coût quotidien de 100 millions d’euros par jour, selon les estimations de l’analyste UBS Patrick Hummel. Après deux grèves d’avertissement ces dernières semaines, la base avait mis la pression sur les négociateurs en se disant «streikbereit», paré pour la grève. Un luxe que ne pouvait se permettre la direction du premier constructeur européen, dont les résultats de vente dégringolent. Le cours de bourse, en tendance baissière cet automne, a été revigoré (+1,5 %) par l’annonce de cet accord à la clôture du Dax.


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Un «miracle de Noël» annoncé à la veille de la trêve des confiseurs par le site internet du quotidien Bild, après l’entrée des pourparlers dans leur phase finale, tant les positions étaient polarisées. Au sein du conseil d’administration et du conseil de surveillance, certains exigeaient une politique d’assainissement sévère, quitte à risquer la confrontation avec le personnel. Parmi lesquels, les dynasties détentrices de la majorité du capital, les Piech, les Pötsch et les Porsche, appelées au plus fort du conflit social par la directrice du personnel Daniella Cavallo, à prendre leur part à ce plan d’austérité. La présidente d’IG Metall Christine Benner avait pointé le fait, que «la direction de VW a pris de nombreuses mauvaises décisions depuis des années», en référence au scandale du dieselgate.

Le comité d’entreprise a également critiqué le fait que VW propose peu de modèles équipés de la motorisation hybride. Selon les données de l’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA), le marché européen a continué à perdre de la vitesse en novembre, les ventes ayant reculé de 1,9%. La situation est particulièrement critique pour les voitures électriques, alors que les hybrides sont très demandées. Des fuites dans la presse étaient venues polluer l’ambiance des négociations, les plans de la direction de la délocalisation, totale ou partielle, de la production de l’iconique Golf vers le Mexique ou du van électrique ID.Buzz vers la Pologne. En compensation, selon l’accord trouvé à la veille de cette trêve des confiseurs, la fabrication de la Golf électrique annoncée pour la fin de la décennie, reviendra au site historique de Wolfsburg.

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