L’ouvrage situé à Meudon a déposé sa candidature pour accueillir ce symbole des jeux olympiques retiré du jardin des Tuileries. Si aucun lieu n’est pour le moment privilégié, ce bâtiment historique peut faire valoir de nombreux atouts.
Au bord de l’étang de Chalais, à la lisière entre la forêt et la ville de Meudon, se dresse un drôle de bâtiment. Toute en hauteur, l’impressionnante verrière du Hangar Y reflète les arbres alentour. C’est ici que pourrait atterrir la fameuse vasque olympique retirée en septembre dernier. Selon des informations dévoilées par Le Parisien , un dossier de candidature pour accueillir l’œuvre volante qui a illuminé le ciel de Paris pendant les Jeux Olympique a été déposé il y a quelques semaines à la préfecture d’Île-de-France.
Mathieu Lehanneur, le designer de la vasque, a fait même fait le déplacement pour visiter les lieux. «Une pièce comme ça pourrait aller dans plusieurs endroits mais il faudra bien faire attention : si on le met quelque part simplement car il y a de la place, ce n’est pas sûr que ça garde la même magie», avançait l’artiste dans les colonnes de Ouest-France en juillet dernier.
Pour défendre sa candidature, le Hangar Y ne manque pas d’atout. Par son histoire tout d’abord. En novembre 1878, Paris vient de clore sa 3e Exposition Universelle. Sur le Champ-de-Mars, des milliers de badauds ont pu admirer les machines les plus innovantes de l’époque sous un gigantesque hangar de 3000 m2. Sous la supervision d’Henri de Dion, son architecte qui est aussi le professeur d’un certain Gustave Eiffel, la galerie est entièrement démontée, et remonté pièce par pièce sur son site actuel de Meudon.
À quelques kilomètres au sud-ouest de la Capitale, le bâtiment est rehaussé pour accueillir les premiers dirigeables. Sur les cartes d’états-majors, la parcelle est nommée «Y». Le nom reste. Pendant la Première guerre mondiale, le hangar se transforme en atelier pour entretenir la flotte aérienne française. L’armistice signé, le hangar se métamorphose de nouveau pour accueillir les réserves du musée de l’Air. Abandonné en 1973 au profit du site du Bourget, le bâtiment servira tour à tour d’atelier à Marc Chagall pour assembler le nouveau plafond de l’Opéra Garnier, mais aussi de décor au film Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.
Une réouverture en 2023
Abandonné au début du 21e siècle, le bâtiment devient peu à peu une friche. Certaines structures métalliques s’affaissent, de nombreuses vitres sont brisées. Sans une rénovation d’ampleur, le hangar Y est condamné à la destruction. C’est sans compter sur la volonté de l’astronome Audouin Dollfus. Pionnier de l’exploration spatiale, le scientifique effectue de nombreux vols en ballon équipé de télescope. Avec son soutien, la rénovation du lieu est finalement décidée. De nombreuses années seront nécessaires pour réhabiliter définitivement l’ouvrage. Au printemps 2023 le bâtiment et le domaine du Hangar Y rouvrent leurs portes après quarante ans de fermeture. Le site accueille aujourd’hui des expositions temporaires et des séminaires d’entreprise. Reste à savoir si le lieu a les finances pour abriter la vasque olympique. Si cela a déjà été budgétisé, l’entretien de la vasque avoisinerait le million d’euros annuel et sa réhabilitation quelque 2,5 millions d’euros.
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Mais le Hangar Y n’est pas le seul à vouloir accueillir ce petit bout des JO. Dans un courrier adressé au Président de la République, Geoffroy Boulard, maire du 17e arrondissement, se propose d’accueillir la vasque dans le square Alexandre et René Parodi, aux abords de la Porte Maillot. «Ayant accueilli le ballon captif au début du 20e siècle au sein de ce qui était alors un aérodrome, le retour de la vasque dans cet écrin végétalisé parachèverait la transformation de la Porte Maillot tout en caractérisant l’héritage des Jeux de Paris 2024», fait valoir l’élu. Qui remportera cette guerre du ciel ? La réponse reste en suspens.
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