«Une gifle à la dictature», «le plus politique», «pas une surprise »… Le palmarès de Cannes vu de l’étranger

REVUE DE PRESSE – Les choix du Festival de Cannes ont plutôt été salués par la critique internationale, qui met en avant la richesse artistique et la portée politique de cette édition.

Le rideau est tombé sur l’un des palmarès les plus engagés de l’histoire récente du Festival de Cannes, comme l’estime dans sa majorité la presse étrangère. La moisson de cette 78e édition a suscité un large consensus positif, saluée à la fois pour la qualité artistique des œuvres récompensées et les messages portés par certains réalisateurs engagés.

Le verdict est « une gifle à la dictature »  estime La Repubblica . Pour le journal italien, la palme d’or décernée au réalisateur iranien Jafar Pahani reflète un festival ouvertement politique avec des discours, des hommages et des récompenses ayant fait référence aux crises internationales.

« Un très beau palmarès cannois »

Côté francophone, Le Soir  salue un « très beau palmarès cannois », en insistant particulièrement sur le neuvième prix attribué aux frères Dardenne (de nationalité belge), une reconnaissance méritée pour ces figures majeures du cinéma européen. « Alors que le monde semble s’effondrer, un très grand nombre de films montrés durant la quinzaine se sont recentrés sur la famille. Le très beau palmarès concocté par le jury en est le reflet » souligne La Libre Belgique.

Les médias anglophones s’accordent aussi sur la portée symbolique de cette édition, qui « s’est clôturée par son moment le plus politique, lorsque le réalisateur iranien Jafar Panahi a reçu la palme d’or », estime Variety . En Angleterre, The Guardian  qualifie la victoire de Jafar Panahi à Cannes de « moment merveilleux », célébrant le courage exceptionnel du cinéaste, emprisonné et censuré dans son pays, mais qui continue à marquer le cinéma mondial par son talent et son engagement.

La Palme d’or « n’est pas une surprise »

En Autriche, le quotidien Kronen Zeitung estime que la 78e édition est « l’une des plus engagées de son histoire », en revenant sur le triomphe de Jafar Panahi et la dimension politique de son film, qui demande la liberté d’expression pour l’Iran. Une cause relayée également par le journal mexicain El Universal, qui souligne que ce succès est aussi un appel à la liberté d’expression. Pour le journal argentin Pagina 12, la Palme d’or de l’année « n’est pas une surprise ». Le titre salue également le prix de la mise en scène du Brésilien Kleber Mendonça Filho, pour son film L’Agent Secret.

Pour la presse étrangère, ce palmarès 2025 consacre ainsi un cinéma à la fois profondément humain et résolument politique. En récompensant des œuvres qui interrogent la liberté, la mémoire et les luttes contemporaines, le Festival de Cannes affirme plus que jamais son rôle de caisse de résonance des tourments du monde. Un rappel, aussi, que le cinéma continue de faire entendre les voix que certains voudraient faire taire.

Source du contenu: www.lefigaro.fr