Rabia, En fanfare, Animale, Vaiana… Les films à voir cette semaine

Deux copines contactées par Daech, un chef d’orchestre qui découvre qu’il a un petit frère dans le Nord de la France, une jeune femme rêvant de devenir raseteuse… La sélection cinéma du Figaro.

Rabia – À voir

Drame de Mareike Engelhardt  1 h 34

Jessica et sa copine n’en peuvent plus de la vie qu’elles mènent en France. Travailler dans un Ehpad, cela va bien cinq minutes. Daech les appelle. Durant le vol, elles s’emballent, imaginent monts et merveilles. Là-bas, elles vont enfin rencontrer le beau combattant qu’elles ont contacté sur internet. Elles se retrouvent dans une maison pour femmes où l’on forme les futures épouses des valeureux soldats de l’État islamique. Ces naïves demoiselles connaissent un grand trouble. Ça n’est pas du tout ce à quoi elles s’attendaient. Le huis clos de Mareike Engelhardt prend à la gorge. Des sentiments divers traversent l’esprit du spectateur. Après tout, elles ont ce qu’elles voulaient. É. N.

En Fanfare – À voir

Comédie d’Emmanuel Courcol  1 h 44

En fanfare met en scène Thibaut Desormeaux (Benjamin Lavernhe), chef d’orchestre accompli à la renommée internationale qui parcourt le monde. Mais un jour il s’écroule en pleine répétition. Les médecins lui diagnostiquent une leucémie foudroyante. Il croit compter sur le don de moelle osseuse de sa sœur quand des analyses de sang lui révèlent qu’il est un enfant adopté. Le choc est rude. En poursuivant ses investigations, Thibaut Desormeaux découvre qu’il a un petit frère, lui aussi adopté et qui vit dans le Nord de la France, dans la ville natale de leur mère. Le réalisateur signe ici un film choral dans tous les sens du terme, une très belle comédie dramatique populaire, sincère et bienveillante, dont on ressort avec le sourire jusqu’aux oreilles (absolues)… O. D.

Animale – À voir

Drame d’Emma Benestan  1 h 40

Nejma s’entraîne dur pour réaliser son rêve et remporter la prochaine course camarguaise. Elle tient à affronter les taureaux sans protection et ne rêve que de feinter la bête pour attraper la cocarde accrochée sur son front, sans se faire encorner. Cette jeune femme n’a pas froid aux yeux et fait le maximum pour s’intégrer au cœur de cet univers un brin macho, dominé par la testostérone, les hommes et les taureaux. Mais, alors que la saison bat son plein, des disparitions commencent à inquiéter les habitants de la région. Les cadavres retrouvés portent des marques sanglantes indiquant qu’ils ont été méchamment massacrés par un ou plusieurs taureaux sauvages. Se répand la rumeur qu’une bête mystérieuse rôde la nuit. Emma Benestan fait tout pour que le spectateur baigne dans cette atmosphère fantastique. Animale est un film sensoriel. Une sorte de « revenge movie » féministe qui se pare des couleurs brûlées du western. O. D.

Vaiana – À voir

Film d’animation – 1 h 40

Le réalisateur Dave Derrick Jr. signe un second volet aussi impressionnant -voire supérieur- au film original. Alors qu’au départ, le projet n’était destiné qu’à fournir une série animée diffusée sur Disney+. L’intrigue de ce second film reprend la thématique d’une odyssée polynésienne mâtinée de mythologies océaniennes. L’intrépide Vaiana est toujours une exploratrice toujours assoiffée de découverte. Son goût pour l’aventure la pousse à repartir sur les mers du Pacifique. Tandis que sa petite sœur Simea l’attend avec impatience sur son île luxuriante. 

Vaiana 2 est un film visuellement impressionnant, une suite étonnamment réussie, alors qu’elle partait sur des bases pour le moins métissées entre le streaming à épisodes envisagé et son amerrissage sur grand écran. L’aventure se déguste avec un grand plaisir et devrait ravir petits et grands, de 7 à 77 ans. O.D.

Heretic – On peut voir

Épouvante-horreur de Scott Beck et Bryan Woods  1 h 50

Barnes et Paxton, deux jeunes et jolies missionnaires de l’église mormone d’une petite ville du Colorado, n’auraient jamais dû frapper à la porte de M. Reed dans l’espoir de le convertir. L’homme leur ouvre un arrosoir à la main. Il ressemble à Hugh Grant, en plus vieux et avec des lunettes, mais les deux millennials n’ont jamais dû voir un film avec Hugh Grant ni aucun film d’horreur. Le numéro de boomer cabot de Grant amuse, agace puis lasse. À trop s’appuyer sur l’acteur britannique et son contre-emploi, Scott Beck et Bryan Woods négligent le reste. Le reste ressemble à un escape game sans grande inventivité. É. S.

Grand Tour – À éviter

Aventure de Miguel Gomes  2 h 08

En 1918, pour fuir sa fiancée Molly, Edward, fonctionnaire de l’administration anglaise en poste à Mandalay, en Birmanie, dessinateur d’oiseaux à ses heures, se rend à Singapour, puis à Bangkok. Il continue sa route à Manille, arrive à Osaka à bord d’un navire américain. Il y rencontre des moines qui vivent la tête cachée dans un panier. Il passe par la Chine. Il fume de l’opium. Molly prend alors le relais et part sur les traces d’Edward, avec un temps de retard sur son lâche fiancé à chaque étape.
Le palmarès du dernier Festival de Cannes est un chef-d’œuvre dadaïste. Toutes les aberrations ne sont pas grand-chose à côté du prix de la mise en scène remis à Grand Tour. La palme de l’ennui, pourquoi pas ; mais la mise en scène ? É. S.

Source du contenu: www.lefigaro.fr