ENTRETIEN – Dans Les Musiciens et le Pouvoir en France. De Lully à Boulez, la musicologue Maryvonne de Saint-Pulgent explique comment les monarques puis les chefs d’État ont utilisé certains compositeurs à des fins politiques, et inversement.
Énarque, pianiste – premier prix du Conservatoire de Paris –, musicologue, ancienne membre du Conseil d’État, ex-directeur du patrimoine, présidente du comité d’histoire du ministère de la Culture depuis 2007, Maryvonne de Saint-Pulgent publie une somme qui fera date. L’ouvrage est passionnant : c’est une histoire de France en musique tout autant qu’une histoire de la musique française depuis Louis XIV jusqu’au XXe siècle, via le prisme du rapport étroit qu’ont eu certains musiciens avec le pouvoir. De fait, ils se sont parfois retrouvés à faire de la politique.
Son livre se lit comme un roman, et s’achève avec un long chapitre sur Pierre Boulez, mandarin de la « musique savante », qui a bénéficié d’aides de chefs d’État sans précédent. Ce qu’elle n’écrit pas, car elle est polie, c’est à quel point l’homme, considéré unanimement comme un grand chef d’orchestre, mais dont plus personne n’écoute les œuvres en dehors de quelques maniaques de la musique atonale, pouvait être odieux
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