« Nous ne pouvons pas continuer comme si de rien était » : les employés du musée d’art de Tel-Aviv manifestent contre la guerre entre Israël et le Hamas

Appel à la libération des otages, soutien aux soldats israéliens, dénonciation de la situation humanitaire à Gaza comptent parmi les mots d’ordre.

Depuis avril, ils se réunissent chaque matin, en silence. Devant le musée d’art de Tel-Aviv, des employés de l’institution manifestent discrètement mais avec détermination contre la poursuite de la guerre entre Israël et le Hamas, la détention des otages israéliens et la situation humanitaire à Gaza. Un demi-siècle après sa fondation, l’institution culturelle est devenue le théâtre d’un questionnement moral qui traverse la société israélienne.

Le rassemblement commence à 8 h 30, du dimanche au jeudi, rapporte The Art Newspaper . Une trentaine de membres du personnel, parmi lesquels des conservateurs, des médiateurs et des techniciens se tiennent debout sur la place des Otages, rebaptisée ainsi après l’enlèvement de plus de 200 Israéliens lors de l’attaque du 7 octobre 2023. La plupart gardent le silence. Certains brandissent des pancartes.

« Nous sommes tous motivés par des raisons différentes : les otages, Gaza, le cessez-le-feu, mais nous refusons de rester spectateurs. »

Dalit Matatyahu, conservatrice du département d’art israélien

Le 28 mai marquait le 600e jour depuis le début du conflit, qui a donné lieu à de nombreux rassemblements dans tout le pays. Ce jour-là, Dalit Matatyahu, conservatrice du département d’art israélien, a adressé un message à ses collègues, relayé par The Art Newspaper : « Nous sommes debout car la douleur est devenue insupportable (…) Tout le monde ne proteste pas pour la même raison, mais nous sommes unis au nom de la résistance, comme un rappel quotidien, conscient que nous ne pouvons pas continuer comme si de rien était.»

La protestation est autorisée mais non soutenue officiellement par la direction du musée. Cette dernière n’a pas empêché les employés d’agir, mais n’a pas souhaité commenter publiquement leur engagement. « Il y a tant de raisons de protester. Chaque jour, il y a du nouveau », a déclaré Mira Lapidot, conservatrice en chef du musée.

Ce n’est pas la première fois que le musée est la scène d’un débat politique. En mars 2023, il avait fermé temporairement ses portes pour protester contre la réforme judiciaire controversée du gouvernement Netanyahu qui a conduit à des manifestations sans précédents dans le pays. Deux ans plus tard, cet esprit souffle encore sur le musée de Tel Aviv « L’art n’a jamais été séparé du réel, encore moins dans des temps de crise », déclare Dalit Matatyahu au site d’information spécialisé dans l’actualité artistique.

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