CRITIQUE – Pour son second long-métrage, Emma Benestan plonge au cœur d’une manade camarguaise victime d’une mystérieuse bête sauvage. L’actrice Oulaya Amamra confirme largement son César du meilleur espoir obtenu en 2017 pour Divines.
Les premières images font entendre des meuglements furieux. Des taureaux fumants se chargent dans la poussière, sur une musique qui évoque celle d’Ennio Morricone. Leur souffle emplit l’écran, envoûtant mais aussi menaçant. Ces images fortes, animales sont puissamment rythmées par l’horizon de la Camargue, filmée en grand-angle. Pour son second long-métrage, Animale, Emma Benestan change de registre. Après son court-métrage Belle gueule (2015) et Fragile (2021), la réalisatrice s’éloigne des comédies romantiques et se lance dans un western féministe fantastique aussi sombre que solaire.
L’ancienne monteuse des films d’Abdellatif Kechiche, 36 ans, filme la Camargue comme Sergio Leone. En surplomb, elle saisit les cavaliers qui rassemblent les bêtes dans un ballet superbement chorégraphié. Les taureaux noirs et les chevaux blancs forment comme un damier animal mouvant et fascinant. Au cœur des manades se dessine le personnage de la fougueuse Nejma (Oulaya Amamra, formidable de naturel…
Source du contenu: www.lefigaro.fr






