Notre critique de Lads : le jockey qui murmurait à l’oreille des chevaux

CRITIQUE – Ce premier film trépidant de Julien Menanteau est une immersion dans le milieu des courses hippiques. Le jeune Marco Luraschi en est la révélation prometteuse.

Dès la pesée, on sent de l’électricité dans l’air. En file indienne, de jeunes apprentis jockeys montent les uns après les autres sur une balance sous l’œil aiguisé de Suzanne Vidal (Jeanne Balibar, hautaine à souhait). Tous sont désireux de percer dans le milieu des courses hippiques. Quand vient le tour du héros à la chevelure peroxydée, les choses se corsent. Charrié par la patronne, Ethan (Marco Luraschi, révélation du film) ne se laisse pas faire, allant jusqu’à l’insulter et lui tenir tête. Ce qui ne l’empêche pas d’être recruté comme lad (garçon d’écurie) par le vieil instructeur (Marc Barbé, excellent).

« Pour cent lads, il n’y a qu’un seul jockey », prévient Suzanne Vidal. Lads raconte l’histoire d’Ethan, mauvaise graine en devenir, dont le père garagiste est accro aux paris hippiques. Rattrapé par des truands à qui il doit de l’argent, le papa pousse son fils à devenir jockey pour éponger ses dettes. Condamné pour vol de voitures, Ethan porte un bracelet électronique. Le premier film de Julien Menanteau frappe par sa maîtrise et son dynamisme. Plongée immersive et viscérale dans l’univers des courses hippiques, ce long-métrage trépidant suit l’ascension d’un futur jockey.

Les courses magistralement mises en scène rythment le film et lui confèrent un réalisme stupéfiant. Ce que l’on retient, c’est cette complicité magnifique entre l’homme et le cheval qui rappelle les plus belles séquences de L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. Quant à la fin, elle est à la hauteur des enjeux romanesques de l’intrigue. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.

La note du Figaro : 3/4



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