CRITIQUE – Éric Roussel retrace le destin hors norme de ce germanophile érudit dans une biographie passionnante, basée sur une documentation souvent inédite.
Cet article est extrait du Figaro Histoire « 1453 : les derniers jours de Constantinople ». Retrouvez dans ce numéro un dossier spécial sur la fin de l’Empire byzantin.
Le Figaro Histoire
Pour le grand public des années 1960, il était le plus flamboyant des historiens. D’Alexandre le Grand à Lawrence d’Arabie, il avait poursuivi « le rêve le plus long de l’histoire » en faisant revivre les grandes figures qui avaient tenté de marier l’Orient et l’Occident : les amours de Cléopâtre et de Marc Antoine, comme la campagne de Julien l’Apostat en Perse, l’aventure de Bonaparte en Égypte ou celle du maréchal Lyautey au Maroc. On chuchotait que l’homme avait eu, autrefois, des engagements compromettants, qu’il avait eu partie liée au gouvernement de Vichy.
On admirait en lui l’écrivain qui avait renouvelé le genre délaissé de la biographie en faisant de chacune des siennes une œuvre littéraire à part entière. Par sa capacité à associer ampleur de vues, érudition parfaite, documentation foisonnante…
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