L’adaptation poétique d’une nouvelle de Stephen King, une enquête à Yaoundé sur le meurtre d’un policier, deux frères que tout oppose se rapprochant après un crime commis par leurs enfants…La sélection cinéma du Figaro.
Life of Chuck – À voir
Drame de Mike Flanagan – 1h51
Professeur de lettres dans un lycée américain, Marty Anderson (Chiwetel Ejiofor) a bien du mérite de vouloir faire découvrir les secrets du poème Chanson de moi-même de Walt Whitman. Son auditoire n’est pas attentif. Les élèves ont les yeux rivés sur leurs portables, en quête d’informations. Suite à un immense tremblement de terre, la Californie s’effrite et tombe dans l’océan. C’est sur un air de film catastrophe que s’ouvre Life of Chuck . Mais très vite cette adaptation par Mike Flanagan de la nouvelle de Stephen King prend un virage bien plus poétique et surréaliste. Qui est ce mystérieux Chuck, dont les publicités envahissent le quotidien de Marty ? Panneaux, spots à la radio et à la télévision montrent ce comptable souriant (Tom Hiddleston) vêtu d’un costume terne, et le remercient pour « ces 39 fabuleuses années » de service. Alors que le compte à rebours vers la fin du monde est enclenché et que les phénomènes inexplicables autour de Chuck se multiplient, Marty et son ex-femme mènent l’enquête. Life of Chuck a bien quelques accents paranormaux mais ne verse jamais dans l’horreur. Au contraire ! Malgré le contexte apocalyptique, le film est traversé par l’optimisme et la gratitude. C.J
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Différente – À voir
Comédie romantique de Lola Doillon – 1h40
Katia (Jehnny Beth), la trentaine discrète et séduisante, sent bien qu’elle est différente. Cependant, elle fait tout pour se fondre dans le décor. Brillante documentaliste dans une société de production nantaise, elle mène une vie indépendante dans son appartement cocon. Les relations compliquées sont son lot quotidien. Un jour, au boulot, son chef confie à Katia une mission : procéder à l’interview filmée de la présidente d’une association en lutte contre les troubles du spectre de l’autisme. Katia revient toute chamboulée de cet entretien. Et si elle était, elle aussi, atteinte d’autisme ? En parallèle, elle tombe amoureuse de Fred (Thibaut Évrard). Lola Doillon s’attaque au genre de la comédie romantique, qu’elle mêle, avec beaucoup de subtilité, à la découverte par l’héroïne d’un syndrome autistique jamais diagnostiqué. Son film en forme de fragments d’un parcours amoureux reste crédible et réaliste de A à Z. En établissant un pont entre une histoire d’amour et une histoire d’autisme, la cinéaste tisse la matière d’une attachante « rom com » à l’américaine, façon Quand Harry rencontre Sally ou Le Journal de Bridget Jones. O.D
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Indomptables – À voir
Film policier de Thomas Ngijol – 1h21
Thomas Ngijol change de registre avec Indomptables, un film tourné au Cameroun, en hommage à son père, à sa famille et aux Lions indomptables, le surnom de la sélection nationale du Cameroun. En adaptant un documentaire de Mosco Levi Boucault, Un crime à Abidjan, l’humoriste et cinéaste s’éloigne de la pure comédie qui a fait sa réputation (Case départ, Le Crocodile du Botswanga, Fastlife, Black Snake. La légende du serpent noir). Indomptables est un drôle de polar plus qu’un polar drôle. Cela tient beaucoup à son protagoniste, Zachary Billong, commissaire de police et père de famille rigide, ombrageux, joué par Thomas Ngijol lui-même avec un mélange de faconde et de gravité irrésistible. Zachary et leurs hommes, lors de leur enquête sur le meurtre d’un officier de police, arrachent des aveux aux suspects. Zachary tente de maintenir l’ordre dans la rue et dans sa famille. Le personnage doit beaucoup au père de Thomas Ngijol. Il est à la fois autoritaire, sentencieux et ridicule, à côté de la plaque, comme tous les darons. É.S
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A Normal Family – À voir
Drame de Hur Jin-ho – 1h49
Les liens du sang ne font pas tout. Il n’y a pas plus différents que ces deux frères. Jae-wan est un avocat cynique et âpre au gain. Jan-gyu, lui, exerce la chirurgie avec une humanité qui inspire le respect. Un soir, leurs enfants (le garçon du médecin, harcelé dans son école, et sa cousine à qui on donnerait le bon Dieu sans confession) ne trouvent rien de mieux que de rouer de coups de pied un SDF endormi dans une ruelle. Pas de chance pour eux : la scène a été filmée par une caméra de surveillance. La police s’en mêle. Le docteur et le champion du barreau sont aux abois. Que faire ? Le film glace le sang. Il est d’une subtilité rare, pose des cas de conscience, évite les dilemmes ampoulés. Le bien et le mal ne sont plus alors que des mots. Il faut louer les acteurs, et surtout leurs partenaires féminines qui se glissent des regards lourds de sens, affichent en public un visage lisse qui n’est plus vraiment le même dans le privé. É.N
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Crasse – À voir
Drame de Luna Carmoon – 2h06
Une fille et sa mère vivent seules dans un logement londonien à la mi-temps des années 80. La maman accumule les déchets, ne jette rien, entasse toutes sortes de détritus comme s’il s’agissait de trésors cachés. La peur du manque guide cette femme atteinte du syndrome de Diogène. Maria, sa fille de sept ans s’est habituée à cette vie chaotique aux senteurs avariées. Leur relation est fusionnelle. Le drame finira par éclater. Dix ans plus tard, Maria (Saura Lightfoot-Leon) vit chez Michelle (Samantha Spiro) qui l’élève comme elle peut, espérant que la petite devenue ado s’est débarrassée de ses traumas passés. Jusqu’à l’arrivée inopinée de Michael (Joseph Quinn). Cet ancien pensionnaire de Michelle devenu éboueur, en passe de devenir papa, occupe une pièce de la maison en attendant mieux. Sa présence déclenche une réaction en chaîne chez Maria qui se met à accumuler comme sa mère déchets, détritus et autres ordures dont l’odeur commence à déranger son entourage. Ces deux-là vont confronter leurs blessures infantiles respectives dans un affrontement plutôt tendu dont le spectateur ne ressortira pas indemne. Pour son premier long-métrage, la jeune réalisatrice Luna Carmoon plonge sa caméra dans un réalisme social britannique aux effluves aussi chaotiques que puantes. Son film n’a pas peur de capter les désordres (dans tous les sens du terme) d’une jeune héroïne toujours habitée par les démons de son passé. Si la vision de Crasse (Hoard, en version originale) est relativement éprouvante, il se dégage pourtant de ce drame made in England, un parfum évident, celui d’un talent prometteur. O.D.
Vacances forcées – On peut voir
Comédie de Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie – 2h06
Voilà ce que c’est de réserver ses vacances sur Internet. Deux familles que tout oppose, ainsi qu’un éditeur imbuvable (Laurent Stocker) accompagné d’une influenceuse dont il pense publier l’ouvrage pour renflouer sa société, se retrouvent obligés de cohabiter dans une villa magnifique sur la côte atlantique. Clovis Cornillac joue à la perfection les papas cheminots en espadrille, fan de Gérard Lenorman, tandis que son épouse (Aure Atika) qui n’a pas sa langue dans sa poche, passe sa vie à l’asticoter. Face à eux, un couple de bourgeois en crise (Bertrand Usclat et Pauline Clément) débarquent, flanqués d’un ado pédant et surdoué mal dans sa peau. On l’aura compris, «l’été sera chaud, l’été sera chaud, dans les t-shirts, dans les maillots», comme le chantait si bien Eric Charden. Tout ce petit monde se confronte joyeusement devant la piscine ou à la plage… Au début, on a peur d’être tombé dans un remake des Petits mouchoirs version Prisunic. Pourtant, au fil d’une intrigue plutôt habile, on se laisse gentiment charmer par cette comédie de vacances signée du tandem Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie. Remake décomplexé du film italien Odio l’estate (2020), Vacances forcées n’est pas un film désagréable. Il s’inscrit dans la lignée des comédies estivales potaches des années 70, rappelant ainsi les belles heures des Bronzés de Patrice Leconte en passant par L’Hôtel de la plage de Michel Lang ou À nous les petites anglaises (du même Lang), sans oublier plus récemment le Camping d’Onteniente. Alors, d’accord, on se calme, et on boit frais à Saint-Tropez! O.D.
Dragons – On n’a pas vu
Film d’aventures de Dean DeBlois – 2h05
C’est la saison des live action. Après des réadaptations en prises de vues réelles de Blanche-Neige et de Lilo et Stitch, nous avons le droit pour cet été à un nouveau remake : Dragons, cette fois-ci des studios DreamWorks et non Disney. Originellement sorti en 2010, le film retrace l’amitié entre Harold, un jeune Viking, qui se lie d’amitié avec un dragon nommé Krokmou. Leur lien improbable va révéler la vraie nature de ces créatures et remettre en question les fondements mêmes de la société viking.
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