Les autorités ont réduit de 40 % la superficie du parc protégeant ces vestiges inscrits au patrimoine de l’Unesco afin de rendre légales des exploitations minières clandestines. Une récente étude japonaise a identifié 303 nouveaux géoglyphes dans les limites de la réserve.
D’un côté, un ministre qui affirme qu’aucun vestige n’est mis en péril. De l’autre, des archéologues qui dénoncent une décision « inappropriée ». Le gouvernement péruvien suscite la controverse mardi en défendant une réduction de 40 % de la réserve qui abrite les géoglyphes de Nazca, vieux d’environ 2 000 ans, affirmant que la zone retranchée ne contient aucun patrimoine archéologique.
La superficie de la réserve, située à quelque 400 kilomètres au sud de Lima, a été réduite de 5 633 à 3 235 kilomètres carrés. La mesure, publiée il y a une semaine au journal officiel, était jusque-là passée inaperçue. « Il n’y a pas de patrimoine archéologique ou autre » dans la zone exclue, a assuré le ministre de l’Énergie et des Mines, Jorge Montero, auprès de la presse étrangère.
Selon les autorités, un nombre indéterminé de mineurs illégaux opéraient depuis des mois dans cette partie de la réserve. « Ils ne sont plus dans l’illégalité », puisque la zone où ils travaillent n’a maintenant plus le statut de réserve, a souligné Jorge Montero.
303 nouveaux géoglyphes
Moteur économique du Pérou, l’exploitation minière est aussi à l’origine de nombreuses tensions sociales, parfois meurtrières. Mais la réduction de la réserve inquiète les archéologues. Pieter Van Dalen, doyen de l’Association péruvienne des archéologues, a jugé « très inappropriée » l’explication du ministre. « Comment peut-il savoir, sans être un spécialiste, s’il y a ou non des vestiges ? » a-t-il déclaré à l’AFP.
Une étude récente menée par une équipe japonaise à l’aide de l’intelligence artificielle a permis d’identifier 303 nouveaux géoglyphes dans la réserve, doublant presque le nombre de figures connues à ce jour.
Classées au patrimoine mondial de l’Unesco, les lignes de Nazca représentent des figures géométriques et des silhouettes d’animaux visibles seulement du ciel. Leur signification réelle reste une énigme : certains chercheurs y voient un observatoire astronomique, d’autres un calendrier. Les premiers géoglyphes ont été découverts en 1927. Le site témoigne de la présence de la civilisation Nazca qui a occupé la région de 200 à 700 après J-C.
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