Le Répondeur, avec Denis Podalydès : un canular téléphonique ?

Adaptée du roman de Luc Blanvillain, cette comédie réalisée par Fabienne Godet, récompensée au festival de l’Alpe d’Huez, fait la part belle aux imitations vocales.

La comédie Le Répondeur, en salles depuis le 28 mai, se joue des excès des moyens de communication en mettant en scène un jeune imitateur chargé de répondre au téléphone à la place d’un écrivain las d’être dérangé. Récompensé par le prix du public au Festival de l’Alpe d’Huez, ce long-métrage suit donc Baptiste (Salif Cissé) qui devient le « répondeur » de Pierre (Denis Podalydès) en se faisant passer pour lui.

Adapté du roman du même nom de Luc Blanvillain, publié en 2020 chez Quidam Éditeur, Le Répondeur est un « film ancré dans son époque », une sorte de « conte » dans lequel « Baptiste est le petit génie qui va permettre à chacun de se révéler et d’être heureux », explique à l’AFP sa réalisatrice, Fabienne Godet. « Je me disais : j’ai fait une comédie ou pas ? Mais les gens nous parlaient plus du lien entre les personnages que des blagues », ajoute la cinéaste de 61 ans.

« Dans les voix, il y a de la sueur »

Révélée en 2006 avec Sauf le respect que je vous dois, Fabienne Godet vient d’un tout autre monde. Formée à la psychosociologie, elle a travaillé dix ans en hôpital.«Le fait que j’aie été psychosociologue, ça m’a appris à observer et à écouter. Quand je construis un personnage, j’essaie de le faire dans la dentelle. Le cinéma, c’est de l’humain», estime-t-elle. Pour interpréter Baptiste, Salif Cissé, 30 ans, a suivi deux mois et demi de travail intensif, entre imitation vocale, voix chantées mais aussi mouvements.

« L’imitation, ce n’est pas qu’une voix, c’est aussi une gestuelle », insiste Fabienne Godet. Encadré par l’imitateur Michaël Gregorio, l’acteur, qui est également réalisateur, explique avoir « bouffé Denis Podalydès matin, midi, soir ». Le film repose sur un montage sonore précis, mêlant les voix des deux acteurs syllabe par syllabe. « La voix qu’on obtient, c’est une voix qui n’appartient ni à l’un, ni à l’autre », souligne Fabienne Godet, qui précise n’avoir pas eu recours à l’intelligence artificielle : « On sent que, dans les voix, il y a de la sueur ».

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