Le Louvre-Lens confronté à une forte baisse de fréquentation et de nouvelles difficultés budgétaires

Plus de 1,1 million d’euros de recettes manquait pour compenser les dépenses en 2024. Face à ces difficultés croissantes depuis 2022, le musée va augmenter ses tarifs.

Le musée du Louvre-Lens, emblème de l’accès à la culture dans l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, est confronté à des difficultés budgétaires récurrentes. Pour l’année 2024, le différentiel entre dépenses et recettes s’élevait à près de 1,1 million d’euros mais a été absorbé par « le fonds de roulement du musée », a expliqué à l’AFP la communication du Louvre-Lens, qui a ouvert en 2012. « Il y a déjà eu, par le passé, des différences entre les dépenses de fonctionnement et les recettes », qui ont été absorbées par le même mécanisme et une gestion rigoureuse, souligne le musée, notant toutefois une accentuation des difficultés depuis 2022.

Le budget 2025 doit être voté fin mars et les équipes du musée travaillent « à la résorption du décalage entre les dépenses et les recettes » tout en préservant les missions de service public, a expliqué sa directrice Annabelle Ténèze. Le Louvre-Lens, qui mise sur sa politique de médiation et ses tarifs accessibles pour attirer des visiteurs habituellement éloignés des musées, ne prévoit pas de réduire ses horaires d’ouverture ou de renoncer à la gratuité de la Galerie du Temps, son espace phare, a-t-elle assuré. En revanche, le prix des billets pourrait augmenter d’un euro, a prévenu Annabelle Ténèze.

De 560 000 à 401 000 visiteurs

Parmi les causes des difficultés budgétaires, elle cite l’inflation, la hausse du coût de l’énergie et, dans une moindre mesure, le réaménagement et la fermeture de la Galerie du Temps pendant trois mois l’an dernier, pour permettre le renouvellement des œuvres exposées. Le musée a accueilli 401 000 visiteurs en 2024, soit une baisse d’environ 28 % par rapport à 2023. La majorité du budget de fonctionnement du musée – qui représente environ 17 millions d’euros – provient de subventions de la région Hauts-de-France, pour quelque 10 millions d’euros, et dans une moindre mesure, de la communauté d’agglomération de Lens-Liévin et du département du Pas-de-Calais.

Pour Jean-Paul Mulot, conseiller régional LR et administrateur du Louvre-Lens, « l’État ne peut pas à la fois nous demander des efforts sur le budget de notre collectivité, et en même temps ne pas soutenir plus largement un projet qui est un projet commun avec le Louvre ». Le musée doit aussi mener une politique « plus volontaire » pour attirer des visiteurs anglais, néerlandais et allemands vers ses expositions payantes, estime-t-il.

Annabelle Ténèze souligne quant à elle le soutien du Louvre, qui s’apprête à prêter à son petit frère lensois « deux autoportraits majeurs de Rembrandt » pour sa prochaine exposition temporaire, intitulée S’habiller en artiste. L’artiste et le vêtement.

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