TRIBUNE – Dans un texte très personnel, le prix Goncourt 2024 rend hommage à son compatriote emprisonné par le régime algérien, écrivain courageux qui paie pour sa liberté d’esprit et ses critiques régulières de l’islamisme.
Quel est le crime de Sansal, emprisonné depuis deux mois ? Selon la loi algérienne, il l’est pour atteinte à la sûreté de l’État. Référence faite à un entretien banal et passé inaperçu à propos de l’Algérie, du Maroc et de l’islamisme. Cela n’explique rien et presque personne n’y croit. L’article 87 bis, qui va jusqu’à la peine de mort, est un couteau suisse pour égorger la liberté en Algérie. Tout le monde a compris ce que Sansal incarnait et ce qu’il paye.
En Algérie, l’hystérisation de la mémoire, qui incite les jeunes générations, désœuvrées et confinées dans un pays éloigné du monde, à revivre la guerre d’indépendance, a fait de l’écrivain franco-algérien une cible de choix. N’est-il pas le félon idéal ? L’universalisme de son discours n’était-il pas une insulte à la souveraineté du huis clos après l’indépendance ? Sa liberté au singulier n’est-elle pas la diffamation du fameux « Un seul héros, le peuple ! », slogan dessiné sur les murs d’Alger ? 
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