La production de Donne-moi des ailes de Nicolas Vanier plumée après la destruction de nids de flamants roses ?

Une amende de 80 000 à 100 000 euros a été requise vendredi à l’encontre de Radar Film. Cette société est accusée de la destruction de 520 œufs du volatile protégé en Camargue.

Après six ans d’enquête, la société Radar Film, représentée par son dirigeant, Matthieu Warter, devait répondre vendredi de la « destruction non autorisée d’œuf ou de nid », « d’atteinte à la conservation » et de « perturbation volontaire » d’une espèce animale protégée. Des flamants roses en l’occurrence.

Aventurier, écrivain et cinéaste, Nicolas Vanier s’était vu confier par la société de production parisienne la réalisation de Donne-moi des ailes, qui a fait 1,5 million d’entrées en 2019. Une partie du tournage a eu lieu en Camargue gardoise (sud) au niveau des Salins du Midi, au cœur d’une zone Natura 2000 abritant le seul site de nidification en France des flamants roses.

Les 6 et 7 juin 2018, deux ULM de la production ont survolé à basse altitude quelque 8 000 flamants roses en pleine période de couvaison. Effrayés, les oiseaux se sont envolés, détruisant leurs nids dans la panique et abandonnant les œufs. Environ 520 d’entre eux, soit près de 11,5% de la reproduction annuelle en France de cette espèce protégée, ont ainsi été perdus. Si le réalisateur Nicolas Vanier, le pilote de l’ULM qui s’était le plus approché des oiseaux, et le directeur de la photographie, qui se trouvait à bord, ont bénéficié d’un non-lieu. L’instruction s’est en revanche poursuivie pour Radar Film. Dans son réquisitoire, le procureur a souligné le «défaut d’organisation» de cette société de production et sa « méconnaissance des enjeux environnementaux », alors qu’elle en avait été largement avertie par diverses autorités et associations.

«Cette histoire est à l’antipode de l’ADN de ce pour quoi je fais des films depuis quinze ans », a plaidé Matthieu Warter, dont les productions mettent à chaque fois en exergue un enfant et des animaux. Précisant ne jamais avoir voulu filmer les flamants roses, le producteur a rejeté la responsabilité de l’incident sur l’un de ses prestataires, un des deux pilotes d’ULM, le décrivant comme « un jeune homme très fier de son très bel ULM et qui, malheureusement, a fait du zèle ».

« Qu’on ne vienne pas me dire qu’on n’avait pas la volonté de filmer les flamants roses. On ne fait pas de films sur les oiseaux en Camargue sans filmer les flamants roses », a répliqué pour les parties civiles Isabelle Vergnoux, avocate de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Au total, plus de 400 000 euros de dommages moraux et de dommages environnementaux ont été réclamés à Radar Film par sept ONG.

Une amende de « 80 000 à 100 000 euros » a été requise vendredi à l’encontre de la société productrice de Donne-moi des ailes, accusée de la destruction de 520 œufs de flamants roses pendant le tournage en Camargue du film du réalisateur Nicolas Vanier. Le tribunal correctionnel de Nîmes, où l’affaire était jugée vendredi, a mis sa décision en délibéré au 11 avril.


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