Kamel Daoud : «Camus incarne la malédiction et la splendeur de l’écrivain algérien et l’incarnera éternellement»

ENTRETIEN – À l’occasion de la parution d’essais de Camus sur la liberté intellectuelle, l’écrivain Kamel Daoud, auteur de «Houris», prix Goncourt, en livre sa lecture, à la lumière de la situation des écrivains en Algérie.

Les Éditions Gallimard publient Actuelles IV, recueil qui réunit les prises de position de Camus en faveur de la liberté des militants du FLN ou des opposants hongrois au régime communiste. L’écrivain Kamel Daoud, auteur de Meursault, contre-enquête, a lu l’essai.


LE FIGARO. – Quel rapport personnel entretenez-vous avec l’essayiste Camus ?

Kamel DAOUD. – Chaque auteur s’attribue, avec une dose de vanité ou de lucidité, une lignée spécifique d’écrivains qui l’ont inspiré et l’ont incité à embrasser sa vocation. Cependant, l’arbre généalogique imaginaire évolue avec le temps, la maturité et les souvenirs retrouvés. Dans mon cas, Albert Camus occupe toujours une place centrale, et ce, pour au moins trois raisons. La première, c’est qu’avec Camus, j’ai fait cette découverte essentielle, à la base de ma passion pour l’écriture : le style, c’est l’homme, sa respiration, son corps tendu, soumis à l’effort de vivre et de comprendre. Le style reflète la…

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