Le réalisateur des Valseuses, de Tenue de soirée ou encore de Préparez vos mouchoirs est mort à 85 ans. Il « aimait les femmes, mais les faisait maltraiter par ses mecs», se souvient Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes
Bertrand Blier est décédé lundi 20 janvier au soir à l’âge de 85 ans. Il est décédé « paisiblement chez lui, à Paris, entouré de sa femme et de ses enfants », a déclaré son fils Léonard Blier. Le réalisateur était connu pour avoir réalisé plusieurs classiques du cinéma français comme Les Valseuses (1974), Buffet froid (1979), Tenue de soirée ou encore Préparez vos mouchoirs (1978) qui a remporté l’Oscar du meilleur film international lors de la 51e cérémonie. Les longs-métrages de cet adepte d’un humour noir et cru, tournés notamment avec Gérard Depardieu, ont marqué le cinéma des années 1970 et 1980.
Les réactions à cette annonce n’ont pas tardé, à commencer par celles des acteurs qui ont tourné avec lui. Josiane Balasko, la vedette du film Trop belle pour toi sorti en 1989, a salué la mémoire du réalisateur sur les réseaux sociaux. « Bonne route mon ami. Et vide un godet avec Blanc au passage », écrit la comédienne. « Quel privilège d’avoir tourné pour toi. Tu étais un patron. Un ami. Un inventeur dans le cinéma. Ta poésie, ton audace, ton verbe, ton rire, tes silences. Tu aimais tellement les acteurs. Je pense à toi , à Farida et à toute ta famille. », salue de son côté Jean Dujardin, qui interprétait un écrivain alcoolique dans Le Bruit des glaçons.
PIERRE ANDRIEU / AFP
La comédienne Anny Duperey, qui a travaillé sur la pièce de théâtre Désolé pour la moquette de Bertrand Blier en 2010 confie à BFMTV être « vraiment triste », tant elle « adorait cet homme ».
« Aussi bien écrivain que cinéaste, cynique que provoquant, moraliste que blasé, Bertrand Blier aimait les femmes, mais les faisait maltraiter par ses mecs », se souvient Gilles Jacob, l’un des anciens présidents du Festival de Cannes, dans un message communiqué à l’AFP. « Il y a, dans ses films, des trouvailles sidérantes, une exposition osée de certaines mœurs révoltantes, des scènes hilarantes qui frisent l’absurde et de l’émotion aussi », poursuit-il.
« Les grandes heures du cinéma français »
«J’aimais cet homme, sa manière de pousser les situations, les malaises et les rires, et quand il parlait de Bernard (son père, NDLR). Ils poussaient loin les caractères (trop, dira-t-on aujourd’hui, mais c’était hier). J’aimais sa voix, son regard et ses livres», a écrit de son côté Pierre Lescure, autre ancien président du Festival de Cannes.
« Bertrand Blier, écrit Rachida Dati, était un dialoguiste de génie, dans la lignée des Prévert et des Audiard. Dans des films qui s’inscrivaient dans leur époque, il avait offert des rôles iconiques aux plus grands. Bertrand Blier était un cinéaste immense et anticonformiste, un amoureux fou de la liberté de créer. » « Bertrand Blier nous laisse une filmographie à son image : anticonformiste, irrévérencieuse, parfois provocante et briseuse de tabous, mais toujours teintée de tendresse et parcourue d’une poésie foutraque », salue le Centre national du cinéma.
« Iconoclaste, provocateur mais immensément talentueux, Bertrand Blier aura fait les grandes heures du cinéma français. Maitre en écriture, avec lui, les mots claquent. Orfèvre des dialogues, fin observateur de l’âme humaine, dans ses films, il décortiquait sans tabous et avec une liberté infinie les dérives et les tracas de notre époque. Transgressif, souvent acerbe, Bertrand Blier ne voulait pas plaire, il aimait avant tout provoquer pour alimenter les débats et faire bouger les lignes. Il nous lègue une filmographie culte qui imprégnera durablement le 7eme art », complimente Jack Lang, l’ancien ministre de la Culture sur X.
GEORGES BENDRIHEM / AFP
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