Les dernières semaines de la vie du père de la psychanalyse, la vengeance implacable d’une tueuse à gage estampillée «John Wick» et l’histoire comique d’un romancier qui déniche imitateur de talent pour répondre à ses appels… La sélection cinéma du Figaro.
Freud, la dernière confession – À voir
Drame de Matt Brown – 1 h 50
Freud, la dernière confession, de Matt Brown, met en scène le père de la psychanalyse quelques semaines avant sa mort en septembre 1939. L’intrigue débute à Londres alors que la Grande-Bretagne est le sur le point de déclarer la guerre à l’Allemagne nazie. Exilé à Londres avec sa fille Anna (Liv Lisa Fries, tout en subtilité), Freud est atteint d’un cancer de la mâchoire au stade terminal.
Le film imagine donc la rencontre (fictive, donc) entre un jeune et flamboyant irlandais converti au christianisme (incarné par l’excellent Matthew Goode) et Freud, magistralement porté par un Anthony Hopkins. Avec sa belle dimension théâtrale, le film orchestre un duel ardent, aussi passionnant que rythmé. Les deux hommes sont engagés dans ce qui s’apparente à une « disputatio » tendue, presque hors du temps alors que les bombardiers allemands survolent le ciel londonien. O. D.
La note du Figaro : 3/4
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Le Répondeur – À voir
Comédie de Fabienne Godet – 1 h 42
Le film de Fabienne Godet, adaptation du roman de Luc Blanvillain (Quidam éditeur), est l’histoire de Pierre Chozène (Denis Podalydès), un romancier qui a obtenu le prix Goncourt en 2009. Son existence n’en est pas moins la même que celle d’un homme ordinaire, détenteur d’un téléphone portable, dérangé par les fâcheux ou simplement son entourage. Pierre a besoin de solitude et de tranquillité pour écrire son prochain livre, un texte sur son père, loin d’être le plus grand admirateur de son œuvre.
Plutôt que résilier son abonnement auprès de son opérateur, Pierre Chozène choisit un stratagème compliqué : confier son téléphone portable à quelqu’un d’autre, capable d’imiter sa voix. Ce quelqu’un d’autre se nomme Baptiste (Salif Cissé ), imitateur qui vivote de son art à Paris, se produisant devant un public clairsemé. Il est un bon moteur de comédie et source de quiproquos. Bizarrement, Baptiste ne met pas à profit le réseau de Chozène mais il se rapproche de sa fille, artiste peintre, dont il devient le modèle. Il permet aussi à Pierre de renouer avec une ancienne amante, Clara (Aure Atika). La supercherie ne tiendra qu’un temps. É. S.
La note du Figaro : 3/4
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Ballerina – À voir
Film d’action de Len Wiseman – 2 h 05
La punchline du film est claire : «Bats-toi comme une fille!» C’est bien ce que va faire la jeune Eve Macarro incarnée par l’ex-James Bond girl Ana de Armas durant 2h05, montre en main. Se déroulant dans le même espace-temps que John Wick : Parabellum, Ballerina suit la vengeance implacable de cette nouvelle Eve, orpheline de père devenue tueuse-à-gages de l’organisation Ruska Roma. Cette tribu slave, toujours dirigée par Angelica Huston, dissimule ses activités séditieuses derrière l’honorable façade d’une école de petits rats de l’opéra… On comprend rapidement que la formation de notre ballerine sera légèrement différente, épicée par d’autres entraînements disons plus relevés que des entrechats… Située dans le sillage des quatre films de la saga John Wick, cette déclinaison féminine survitaminée de John Wick, permet à Ana de Armas d’affirmer sa nouvelle stature d’héroïne d’action hollywoodienne. Eve évolue dans un monde secret où l’on identifie tous les codes d’une société criminelle clandestine. On retrouve avec plaisir toute la mythologie urbaine de la saga, de l’hôtel Continental aux mantras des personnages, dont le fameux «Règles et conséquences». La figure emblématique de John Wick (Keanu Reeves, égal à lui-même) plane au-dessus de l’héroïne. À la fois mentor et menaçant, celui que l’on surnomme «Baba Yaga» surveille les agissements de cette fine lame prête à tout pour réparer une injustice faite à sa famille. Gabriel Byrne, l’éternel héros de Usual Suspects revient hanter la pellicule en méchant implacable. Pas besoin de le présenter, son visage parcheminé suffit à faire se dresser les poils des spectateurs. Quant à Ana de Armas, elle est formidable. La manière dont elle se bat est unique. Avec ce film, l’actrice cubaine impose une femme combattante, différente des codes habituels du genre. Sa force féminine repose sur l’inventivité, l’intelligence et le maniement de n’importe quel objet dont elle se saisit: Eve improvise, s’adapte, triche… Adam n’a qu’a bien se tenir. O.D.
La note du Figaro : 3/4
Fragments d’un parcours amoureux – On n’a pas vu
Documentaire de Chloé Barreau – 1 h 35
Depuis ses 16 ans, entre Paris et Rome, Chloé a filmé ses amours. Coup de cœur adolescent, relation à distance, passion charnelle… alors qu’elle vivait une histoire, elle en fabriquait déjà le souvenir. Mais de quoi se souviennent ces ex ? Quelle est leur version des faits ? La cinéaste revisite son parcours sentimental aussi singulier avec les douze personnes qu’elle a aimé.
Parmi elles on retrouve la cinéaste Rebecca Zlotowski, l’actrice Anne Mouglalis et l’écrivaine Anne Berest. Leurs témoignages, mêlés à des archives personnelles de la réalisatrice, offrent un regard intime sur ses relations passées et la manière dont les souvenirs peuvent être influencés par le temps et les émotions.
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