CHRONIQUE – Le journal de Jacques Henric, Les Profanateurs, dresse un bilan doux-amer des avant-gardes du XXe siècle.
Tout ça pour ça. Les Profanateurs sont désormais de gentils retraités. La plupart sont morts ou pire : oubliés. Jacques Henric les a tous connus : « les surréalistes (Aragon), les auteurs du Nouveau Roman (Robbe-Grillet), ceux de Tel Quel (Sollers), les cinéastes de la Nouvelle Vague (Godard) et les penseurs de la déconstruction (Derrida, Foucault, Deleuze) » auxquels on peut ajouter Guyotat, Genet, Kundera, Barthes, Lacan, Muray… Son journal constitue un document de première main sur la vie et la mort de l’avant-garde depuis le milieu des années 1960. Il est surtout d’une cruelle lucidité : « Nous avons, disons le mot, sévèrement déconné. »
Henric raconte les anathèmes, les brouilles absurdes (Sollers lui reproche d’avoir serré la main d’Aragon, ce genre de crime) suivies de réconciliations autour d’un whisky à La Closerie des Lilas. Les profanateurs ont voulu renverser le système mais rapidement, ce fut chacun pour soi. Les revues littéraires se haïssaient entre…
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