VU D’AILLEURS – L’écrivain français revient sur l’influence du romancier américain, à l’occasion de la réédition de Portnoy chez Adelphi dans une nouvelle traduction italienne : «Pour lui, l’écriture était une guerre de chaque instant».
Par Anais Ginori (La Repubblica)
En 1969, Portnoy et son complexe secouait l’Amérique avec sa déferlente de désirs refoulés, de névroses familiales, de masturbation compulsive et d’humour juif exacerbé. Plus d’un demi-siècle après sa parution, le monologue le plus explosif de la littérature américaine fait son retour dans les librairies italiennes dans une nouvelle traduction signée Matteo Codignola. Simplement intitulé Portnoy, le roman inaugure la réédition intégrale de l’œuvre de Philip Roth par les éditions Adelphi.
Lecteur passionné et complice intellectuel de Roth, Emmanuel Carrère évoque un livre à la fois « tendre et cruel ». Il s’attarde sur l’ironie tragique qui traverse l’écriture de l’auteur, sur ses doubles littéraires, ainsi que sur son rapport tumultueux aux femmes et à la psychanalyse.
Quand avez-vous découvert Portnoy ?
EMMANUEL CARRÈRE. – J’avais 25 ans. Depuis, j’ai lu presque tous les livres de Roth – peut-être pas tous, mais beaucoup. Son œuvre m’a toujours accompagné…
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