Découvrez Teodor Currentzis, ce chef inclassifiable


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VIDÉO — Nouvelle production à l’Opéra Garnier, Castor et Pollux de Jean-Philippe Rameau avec le chef hors norme Teodor Currentzis à la tête l’orchestre Utopia qu’il a créé.

Comme tous les personnages hors norme, Teodor Currentzis ne laisse personne indifférent. On l’adule, on le critique, on le déteste, c’est selon. Sans doute la rançon de l’exception. La première de Castor et Pollux de Rameau a confirmé la règle. Face à la mise en scène très pauvre et très discutable de Peter Sellars, il a été ovationné pour son exécution musicale exceptionnelle avec l’orchestre Utopia qu’il a créé. Un orchestre à l’image de son chef : transfrontalier, indépendant de toute institution, et composé de musiciens du monde entier. Ainsi va ce chef, sans règle préétablie, sans format contraignant. Évidemment grand travailleur. Il partage sa vie entre Saint-Pétersbourg, où il habite, et Berlin, où il anime une cellule de création intitulée Dom Radio, sorte d’Ircam indépendant.

Ne lui dites pas qu’il est russe, il se rebifferait immédiatement. Né à Athènes, il aimerait n’être soumis à aucune frontière nationale ou musicale. Le bambin plutôt timide qu’il était, conscient de sa singularité, « rêvait beaucoup » et surtout de « devenir archéologue ». Mais la musique et ses mystères l’ont happé. Ce qui explique ce changement d’aiguillage. Pendant notre entretien, il nous fera entendre une pièce enregistrée à Berlin, mi-mystique, mi-allégorique, avec de grandes envolées lyriques. Une œuvre contemporaine très accessible, expression de sa nostalgie, de sa solitude, aussi. « La musique doit réveiller tous les capteurs qui activent le panel de nos émotions, de la tristesse à la joie, précise-t-il, peut-être pour répondre à tous les censeurs qui « établissent les règles ». Quand je suis à la tête d’un orchestre, je suis le chef d’une expédition et nous jouons pour tout le monde. Nous pénétrons dans l’intimité de chacun, dans ses jardins secrets avec un effet salvateur. Un peu comme si j’étais une sorte de «médecin sans frontières». Cela m’est d’autant plus facile que je ne sais pas qui je suis aujourd’hui ni ce que je serai demain. En jouant, je donne mon cœur à tout le monde quel qu’il soit, quelle que soit sa culture, son histoire, sa sexualité. » Paroles de chef sans frontières. 
Palais Garnier, jusqu’au 23 février.

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