Bertrand Blier, la filmographie idéale d’un anticonformiste, selon Éric Neuhoff

Quarante ans durant, le réalisateur n’a reculé devant aucun scandale pour secouer le bourgeois avec ses films qui ne ressemblent à rien d’autre. Panorama dressé par le critique du Figaro.

On espère que, comme dans Buffet froid, elle aura eu les traits de Carole Bouquet. La mort lui devait bien ça. On l’oublie trop souvent : elle rôdait dans tous les films de Bertrand Blier. Il a même dû trouver qu’elle tardait à venir. Ce rigolo était un pessimiste à la Cioran, auquel il emprunta un penchant pour les formules acérées. Ce fils à papa avait commencé par faire tourner son père Bernard dans un étrange polar, Si j’étais un espion (1967).

Auparavant, celui qui fut un temps l’assistant de Georges Lautner, avait affûté ses premières armes avec un documentaire sur la jeunesse, Hitler connais pas (1963). Son nom apparut ensuite dans les librairies, sur la couverture de son roman, Les Valseuses (1972). C’était parti. Le scandale serait son fidèle compagnon. L’hebdomadaire Minute parle d’«un tombereau d’immondices». L’expression sera reprise malicieusement dans les placards publicitaires de l’éditeur. L’adaptation à l’écran ne traîne pas.

Dès l’année suivante, Gérard Depardieu…

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Source du contenu: www.lefigaro.fr