CRITIQUE – Le deuxième roman de Yan Lieke, publié en Chine il y a plus de vingt ans, est un chef-d’œuvre d’humour sarcastique sur la révolution culturelle.
On continue à découvrir en France, non sans un certain désordre, l’œuvre du Chinois Yan Lianke. Et on s’aperçoit qu’Aussi dur que de l’eau (2000), qui paraît dans l’Hexagone aujourd’hui, est, chronologiquement, le deuxième des romans de Yan Lianke, entre La Fuite du temps (1998) et Bons Baisers de Lénine (2004), ce chef-d’œuvre d’humour sarcastique.
Comme presque toujours chez l’écrivain, on se trouve transporté dans le Hunan, au centre de la Chine. C’est la province natale de Yan Lianke, et de Mao Tsé-toung. La « Colline des Cheng » est un tout petit village, dont tous les habitants descendent de Cheng Hao et Cheng Hui, philosophes de l’an mil, dont le temple est toujours révéré, même en ces temps de Révolution culturelle. Car le roman se passe en 1966.
Un roman perpétuellement drôle
Gao Tsé-toung revient de l’armée. Il a 25 ans, et il est habité par la fièvre révolutionnaire. Gao veut être le champion de Mao au village, échapper à sa condition de paysan, devenir, qui sait, le représentant du Parti, le leader de…
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