Emmanuel Macron a confirmé mardi qu’une tarification spéciale sera appliquée « à partir du 1er janvier 2026 » dont les recettes contribueront au financement des travaux.
Où trouver les centaines de millions nécessaires à la rénovation et à l’extension du Louvre voulue par Emmanuel Macron ? Selon les estimations, les sommes nécessaires oscillent entre 700 et 900 millions d’euros et à l’Élysée, on promet que seule une « part très minoritaire » sera financée par l’État.
Parmi les sources possibles de financement, une est déjà actée : l’augmentation du tarif d’entrée pour les touristes extra-européens. L’idée a été défendue par la présidente du Louvre Laurence des Cars il y a plusieurs mois, et endossée par Rachida Dati. Elle est aujourd’hui confirmée par Emmanuel Macron, qui a précisé, depuis le Louvre mardi, que ce tarif différencié sera mis en place le « 1er janvier 2026 ». On ne connait pas encore le montant (30 euros?), mais le Louvre estime que la mesure rapportera au moins quelques dizaines de millions d’euros.
Début 2024, le musée a déjà augmenté son prix d’entrée général de 30 % (de 17 à 22 euros). Faire payer les Américains, les Chinois ou les Brésiliens davantage serait une étape supplémentaire. Aujourd’hui, 68 % des 8,6 millions de visiteurs du Louvre sont étrangers, dont 11 % d’Américains, 6,4 % d’Italiens et 2,3 % de Chinois.
Une première en France
Peu de grands musées ou de sites dans le monde pratiquent déjà la tarification différenciée. En 2019, le Met de New York a mis fin à son « prix d’admission suggéré », au profit d’une entrée à 30 dollars. Il a tout de même conservé le pay-as-you-wish pour les habitants de l’État de New York ainsi que pour les étudiants du Connecticut et du New Jersey. Le Museum national d’histoire naturelle de la ville a fait de même, avec une entrée à 28 dollars. Dans les deux musées, ce changement n’a pas joué sur le niveau de la fréquentation touristique internationale, qui est moindre qu’au Louvre, il est vrai.
Quelques sites patrimoniaux mythiques peuvent par ailleurs proposer un traitement différencié entre les locaux et les autres, cette fois ci dans le but de limiter le tourisme de masse. Les personnes d’origine khmère entrent ainsi gratuitement à Angkor Vat, au Cambodge, alors qu’un étranger doit régler 37 dollars. Les tarifs pour visiter le Machu Picchu sont de 152 dollars pour les touristes internationaux, contre 64 dollars pour les Péruviens ou les habitants de la communauté andine. À Pékin, les Chinois peuvent entrer gratuitement dans la Cité interdite, les étrangers devant régler l’équivalent de 10 euros.
En France, ce sera une première. Le Mont-Saint-Michel, la Sainte-Chapelle ou l’Arc de Triomphe, trois monuments nationaux phares attirant des touristes internationaux, pourraient également suivre. Difficile de savoir si ces éventuelles hausses ciblées rebuteront les touristes extra-européens. Mais les grands musées savent d’expérience, qu’en général, plus le touriste vient de loin, moins il renonce pour des questions d’argent.
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