Après Traviata et Manon, la soprano Pretty Yende tente une première incursion dans l’opéra baroque

La plus parisienne des chanteuses sud-africaines est à l’affiche de Semele, de Haendel, au Théâtre des Champs-Élysées jusqu’au 15 février.

La soprano Pretty Yende fait ses débuts dans le répertoire baroque à Paris. Elle interprète Semele dans l’opéra de Haendel, « aventure incroyable » dans laquelle elle apparaît tout à son aise. La charismatique chanteuse sud-africaine, sollicitée aux quatre coins du monde, est au Théâtre des Champs-Élysées jusqu’au 15 février dans cette production mise en scène par Oliver Mears, directeur du Royal Opéra de Londres, avec Emmanuelle Haïm à la direction.

Créé en 1744 à Londres par Georg Friedrich Haendel, Semele raconte les amours de la princesse de Thèbes, Sémélé, avec Jupiter (interprété par le ténor Ben Bliss), dieu qu’elle ne peut observer dans son incarnation divine sans être consumée par le feu. Amour, désir, jalousie, ambition jalonnent cette œuvre. Dans sa mise en scène, Oliver Mears a choisi d’explorer le côté politique et satirique de l’opéra. Les dieux de l’Olympe – Jupiter en premier lieu – sont la classe aisée détenant le pouvoir tandis que Semele est issue de la classe ouvrière, dans une ambiance des années 1960-1970 inspirée des films de Luis Buñuel et des films d’horreur de cette époque. Il propose une Semele « femme moderne », « en raison de sa force et de son refus d’accepter l’identité qu’un homme lui impose », détaille-t-il à l’AFP. « Elle refuse d’être femme au foyer, elle veut l’égalité avec lui. »

Un personnage complexe

Pretty Yende, connue pour son timbre lumineux qu’elle a d’abord expérimenté dans le bel canto, vit, avec ce rôle, une « aventure incroyable », racontait-elle à l’AFP avant sa venue à Paris début décembre pour participer à la cérémonie de réouverture de la cathédrale Notre-Dame. Il lui tardait de connaître, « avec le public à Paris », ce « quelque chose de différent », ajoutait celle qui a par ailleurs chanté au couronnement du roi Charles III en 2023. Le chant baroque se caractérise par une ornementation abondante, avec des trilles, des mordants et des mélismes (une seule syllabe de texte chantée sur plusieurs notes successives).

Son personnage montre aussi une certaine « complexité dans ses émotions – extase, désespoir » – et un parcours tout aussi « complexe », qui évolue de sa « naïveté » au premier acte jusqu’à « sa défiance envers Jupiter », ajoute Oliver Mears.

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