Après cinq ans de travaux, la Frick Collection de New York dévoile son nouvel écrin

Le projet de rénovation, chiffré à 330 millions de dollars, a permis un agrandissement de 30 % des galeries, au service notamment de sa collection d’art français du XVIIIe siècle.

La Frick Collection retrouve son manoir de l’âge d’or. Après environ cinq ans de fermeture pour rénovation, le musée situé sur la 5e avenue de New York a poussé ses murs et se prépare à rouvrir les portes du musée d’art le 17 avril, avec une philosophie : « Tout changer pour que tout reste pareil ».

« La Frick est de retour ! », s’est enthousiasmé mardi devant la presse Axel Rüger, son nouveau directeur. Situé au cœur de Manhattan, le long de Central Park, le musée niché dans un palais néoclassique inspiré des hôtels particuliers parisiens abrite des œuvres de VelázquezRembrandtVermeer, Ingres ou encore Goya.

« C’est un petit musée, mais c’est une collection de chefs-d’œuvre », souligne Xavier Salomon, directeur adjoint et conservateur en chef. Petit mais élargi : après s’être refait une beauté pour 330 millions de dollars, le musée dispose de dix nouvelles salles, aménagées au deuxième étage, dans les anciennes chambres privées de la famille Frick, qui a fait fortune dans le charbon et l’acier.

1 800 œuvres exposées

Au total, le musée assure avoir gagné 30 % d’espace supplémentaire pour ses galeries. Parmi les quelque 1 800 peintures, sculptures et arts décoratifs, outre le portrait de la comtesse d’Haussonville réalisé en 1845 par le peintre néoclassique Jean-Auguste-Dominique Ingres, l’une des pièces maîtresses du musée, figure également une collection d’art français du XVIIIe siècle, composée d’œuvres de Fragonard, Boucher ou Chardin.

Parmi les collections du musée new-yorkais, les visiteurs peuvent admirer le Portrait de Nicolaes Ruts (1631) de Rembrandt.
ANGELA WEISS / AFP

Le musée dispose désormais d’un nouvel auditorium, construit sous le jardin, et d’un accès direct à la bibliothèque d’Art Frick, fondée par la fille du magnat Henry Clay Frick et devenue une référence pour la recherche en histoire de l’art.

« Cela a été comme un immense puzzle pour tout rassembler et faire en sorte que tout fonctionne ensemble », explique le conservateur Xavier Salomon, précisant que de nombreux éléments ont été restaurés pour retrouver l’éclat qu’ils avaient lors de l’ouverture du musée en 1935. Le détail va jusqu’à la recherche du même tissu de velours vert qui recouvrait les murs depuis près de 90 ans. L’équipe s’est pour cela rendue à Lyon, où l’entreprise qui avait conservé trace de la commande initiale a relancé la confection à l’identique.

Le collectionneur et industriel américain Henry Clay Frick avait légué toute sa collection d’art ainsi que le bâtiment qui l’abrite à sa mort en 1919, pour qu’elle puisse profiter au public à partir de 1935 conformément à ses volontés testamentaires. Depuis, la collection a presque doublé, en particulier avec des œuvres européennes allant du XIIIe au XXe siècle.

Une exposition sur Vermeer

« Notre objectif a toujours été de préserver et de revitaliser l’expérience unique qui fait de la Frick un musée si spécial », juge Ian Wardropper, ancien directeur à l’origine de la rénovation. Pour célébrer la réouverture, le sculpteur ukrainien Vladimir Kanevsky a réalisé des compositions florales en porcelaine, disséminées dans les salles du musée.

À partir du 18 juin, la Frick Collection présentera aussi une exposition inédite intitulée Lettres d’amour de Vermeer, qui réunira notamment trois tableaux du maître néerlandais : La Maîtresse et la Servante (propriété de la Frick), La Lettre d’amour (prêté par le Rijksmuseum d’Amsterdam) et Femme écrivant une lettre et sa servante (prêté par la National Gallery d’Irlande).


data-script=”https://static.lefigaro.fr/widget-video/short-ttl/video/index.js”
>

Source du contenu: www.lefigaro.fr