Accusé de management « toxique », le directeur artistique du Ballet de Hambourg poussé vers la sortie

Le chorégraphe Demis Volpi quittera à la fin de la saison la compagnie allemande, qu’il dirigeait depuis moins d’un an. Il a été désavoué par plus de la moitié de ses danseurs.

Un communiqué policé. Le conseil de surveillance du Staatsoper Hambourg (l’Opéra d’État de Hambourg) a annoncé, le 10 juin, la résiliation à l’amiable du contrat du chorégraphe et directeur artistique Demis Volpi, en lui souhaitant « le meilleur pour la suite de sa carrière ». Celle-ci commencera dès la fin de la saison en cours. La rupture survient après d’importantes frictions au sein de l’établissement allemand, où le quadragénaire était en poste depuis l’été 2024.

Comme l’a rapporté le Guardian, le conseil de surveillance et le sénateur de Hambourg en charge de la culture et les médias, Carsten Brosda, avaient reçu, plus tôt, une lettre dénonçant le management de Demis Volpi. Plus de la moitié des 63 danseurs du ballet hambourgeois y épinglaient « des problèmes internes croissants et un environnement de travail toxique à cause d’une mauvaise communication, d’un manque de transparence et d’une attitude souvent dédaigneuse ».

« Une atmosphère de peur et d’incertitude »

Cinq membres de la compagnie avaient annoncé leur démission dans la foulée, d’autres menaçaient de faire de même. À leurs griefs se sont ajoutés ceux de certains danseurs du Ballett am Rhein de Düsseldorf, dirigé auparavant par Volpi. Ils ont joint leurs voix à celles de leurs confrères en décrivant « une atmosphère de peur et d’incertitude ».

« Je regrette qu’il n’ait pas été possible d’établir une base commune pour une collaboration continue au sein du Ballet de Hambourg. Nous allons maintenant répartir dans un premier temps les responsabilités de direction entre plusieurs personnes », a indiqué le sénateur Carsten Brosda, également président du conseil de surveillance de l’Opéra d’État de Hambourg.

Dans un communiqué, le chorégraphe désavoué a affirmé de son côté avoir déployé des « efforts intensifs » pour développer « [s]a vision, tant sur le plan artistique que pour une structure contemporaine favorisant une collaboration ouverte et responsable au sein d’une compagnie de ballet ».

Demis Volpi, qui a travaillé par le passé avec des compagnies américaines, chiliennes ou lettones, avait pris la suite de John Neumeier à Hambourg. Un maître de la chorégraphie qui a largement marqué de son empreinte l’institution allemande.

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