ANALYSE – Le 29 mai 2005 a vu, pour la première fois, les électorats populaires de gauche et de droite coaguler pour l’emporter face au bloc central.
Deux France, face à face. Jamais si nettement qu’au soir du 29 mai 2005, deux segments sociologiques distincts ne s’étaient opposés dans les urnes : la victoire du non au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe a séparé la France du bas de celle du haut, la France des classes populaires de celle des élites. Jusqu’ici, le clivage traditionnel opposant la gauche et la droite ne reposait pas sur une disjonction si nette entre les appartenances sociales : savoir combien gagnait un électeur ne suffisait pas à prédire s’il votait socialiste ou RPR au second tour. Tandis qu’en 2005 un article du Monde avait même montré, en s’appuyant sur les résultats électoraux des bureaux de vote de Compiègne, que les résultats s’alignaient sur le prix au mètre carré : plus un quartier était bon marché et plus la proportion du non y était forte. C’est le « Monopoly du référendum ».
Que reste-t-il, vingt ans plus tard, de cette France du non qui a coagulé à la faveur…
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