Présidentielle 2027 : face aux «extrêmes», Manuel Valls appelle «les républicains à se rassembler»

Invité dimanche du « Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat », le ministre des Outre-mer juge que cet élargissement doit « s’imposer pour longtemps » contre le RN et LFI.

Quatre mois et demi après son retour aux affaires, Manuel Valls souhaite peser d’ici à la prochaine élection présidentielle. Son ambition ? Être un rempart face aux partis les plus extrêmes de l’échiquier politique. Invité dimanche du « Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat », le ministre des Outre-mer s’est fait fort d’être le porte-voix d’une « gauche républicaine » au sein de l’équipe de François Bayrou. Une ligne garante selon lui de « valeurs fermes » comme la « laïcité », « la justice sociale » ou encore « la lutte contre les inégalités sociales ». « C’est ce que je fais à la tête de (mon) ministère », a assuré l’ancien premier ministre (2014-2016).

En l’absence d’une majorité claire à l’Assemblée nationale, Manuel Valls juge qu’« il n’y a pas d’autre choix » que de « rassembler des hommes et des femmes qui viennent d’horizons différents ». Selon lui, cet élargissement est indispensable pour éviter que le pays soit ingouvernable. Alors que l’on ignore si Emmanuel Macron convoquera de nouvelles élections législatives dès qu’il retrouvera la liberté constitutionnelle de dissoudre en juillet, l’ex-ministre de l’Intérieur considère que la coalition au pouvoir, réunissant LR, les macronistes et quelques figures de la gauche sociale-démocrate – comme François Rebsamem, Juliette Méadel ou Éric Lombard -, doit « s’imposer pour longtemps face aux extrêmes ».

Dans l’optique de 2027, Manuel Valls a exhorté tous « les républicains » à « se rassembler » contre le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI), avant de sommer le « socle commun », base parlementaire de soutien au premier ministre, d’être « clair sur les projets, sur l’Europe, sur la vision du monde, sur la défense de la République et de la laïcité ». Le ministre des Outre-mer appelle avant tout les ambitieux à faire preuve de retenue face à la multiplication de crises internationales. « Vous pensez que c’est le moment que chacun d’entre nous amène sa personne ? Non, j’appelle plus que jamais à un sursaut collectif », a-t-il insisté.

«C’est indispensable»

Bien qu’il ait quitté le Parti socialiste (PS) en 2017, à la fin du quinquennat de François Hollande, Manuel Valls s’est félicité du « retour » de son ancienne famille politique. « C’est indispensable pour l’équilibre de la vie politique et les débats au sein de la gauche, entre une gauche radicale, celle de Jean-Luc Mélenchon, et une gauche de gouvernement », a souligné l’ex de Matignon. Lequel a cherché à dissuader le mouvement à la rose de renverser le gouvernement de François Bayrou, comme il l’avait fait en décembre dernier contre celui de Michel Barnier. « On ne crée pas une crise politique en votant la censure, qui plus est avec le RN, à un moment où la France a besoin de stabilité alors qu’il y a la guerre en Ukraine et que Donald Trump mène une guerre commerciale contre le monde entier », a-t-il martelé.

Même si le PS choisissait d’adopter une position de neutralité à l’égard du gouvernement et du Nouveau Front populaire (NFP), cela ne suffirait pas à convaincre Manuel Valls de reprendre sa carte au parti.

Source du contenu: www.lefigaro.fr