Ce lundi 27 avril 2026, les agents pénitentiaires sont appelés à la grève par le syndicat Ufap-Unsa Justice pour dénoncer les sous-effectifs et la surpopulation carcérale. Ce mouvement est qualifié de « pire crise depuis 1992 » par certains observateurs.
Par Célia Ferrent
La situation est devenue critique
Les surveillants pénitentiaires dénoncent une situation devenue « incontrôlable » : 88 000 détenus pour environ 62 000 places disponibles, soit un taux d’occupation dépassant les 140 % dans certains établissements, avec 5 000 postes vacants dans toute la France, entraînant une surcharge de travail, des heures supplémentaires non compensées et des risques accrus pour la sécurité des agents et des détenus.
Les principales revendications
La principale revendication des syndicats signataires de l’appel à mobilisation, dont la CGT, est un plan de recrutement massif pour combler les postes manquants. Dans les Hauts-de-France, les syndicats recensent 300 postes manquants, mais seulement une trentaine seraient créés, dont « en fait que sept ouverts à recrutement ».
Le tract syndical résume : « 300 collègues en moins, ce sont des services sous tension permanente, des agents épuisés, et une sécurité fragilisée. De nombreux établissements dépassent depuis des mois les 200 % de taux d’occupation ».
Frédéric Charlet, secrétaire régional adjoint de l’UNSA-UFAP-Justice, insiste : « Elle entraîne une surcharge de travail pour les agents, des agressions, de la violence, c’est intenable. »
Des blocages sur tout le territoire
Dans les Hauts-de-France, une dizaine d’établissements pénitentiaires sont bloqués, comme Dunkerque, Valenciennes, Béthune, Amiens ou encore Beauvais.
À Rouen, les agents de la maison d’arrêt « Bonne Nouvelle » bloquent l’entrée de l’établissement pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail.
À noter que les agents pénitentiaires n’ont pas le droit de grève à l’intérieur : les établissements fonctionneront donc normalement, mais des personnels viennent avant leurs prises de service, d’autres sur leurs congés, et les collègues de nuit prolongent leur présence sur le piquet.
La réponse du gouvernement
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a mis en avant une hausse des expulsions de détenus étrangers (24 % de la population carcérale) comme moyen de lutter contre la surpopulation, et a annoncé l’ouverture de 3 000 places supplémentaires en prisons modulaires d’ici 2027. Ces mesures sont jugées insuffisantes par les syndicats, qui réclament une réforme structurelle et un numerus clausus pour limiter le nombre de détenus.
Le garde des Sceaux a également annoncé début 2026 le déploiement de « bombes incapacitantes » pour faire face aux agressions dont les agents sont la cible.
Bref, il s’agit d’une crise profonde du système pénitentiaire français, entre surpopulation record, manque de personnel criant et sentiment d’abandon ressenti par les agents sur le terrain.
Source du contenu: infodujour.fr








