CRITIQUE – Le réalisateur David Hertzog Dessites rend un hommage généreux et sincère au célèbre compositeur des Demoiselles de Rochefort, jamais récompensé dans son pays natal, alors qu’il avait reçu trois Oscars à Hollywood.
L’image est en noir et blanc. Assis au piano, un jeune homme droit comme un « i ». Vêtu d’une veste sombre, lunettes fumées, col de chemise fermé, cheveux courts, avec cet air juvénile qu’il n’a jamais perdu, le compositeur des Moulins de mon cœur répond très sérieusement à François Chalais.
« À votre avis Michel Legrand, entame Chalais avec sa voix grave et nonchalante reconnaissable entre mille, si le cinéma avait existé de leur temps, est-ce que Bach et Beethoven auraient fait de la musique de film ? » Et Legrand de répondre : « J’en suis certain. » Du tac au tac, l’intervieweur star des années 1960 poursuit : « Pensez-vous que vous pourrez être un jour l’équivalent de Bach et Beethoven ? » La réponse tombe comme un couperet : « À coup sûr, non. C’est vraiment une certitude, alors… » Le documentariste David Hertzog Dessites explique : « J’ai voulu commencer mon film hommage par cet entretien télévisé pour montrer toute l’humilité du personnage. »
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